Sepultura : le grand départ – INTERVIEW

Engagé depuis toujours pour la défense de l’environnement, CharlÉlie Couture publie l’album Projet Bleu Vert soit dix de ses titres réenregistrés avec des amis et un poème de Paul Watson mis en musique.

Projet Bleu Vert de CharlÉlie Couture fait également partie de notre sélection de disques sortis le 10 avril.

La défense de l’environnement qui motive ce nouveau disque « Projet Bleu Vert » ne vous est pas une thématique étrangère…

En effet, et à la fois elle est un peu nouvelle dans la mesure où ce disque résulte de la rencontre avec des jeunes du lycée Poincaré à Nancy où j’ai été élève. Ils avaient réfléchi à « ma vie mon œuvre » par le biais de différentes matières en abordant l’aspect multiste et pluridisciplinaire du choix de ma paterne artistique. Mais un élève s’est étonné que, au vu de mon engagement, les références à l’écologie ne sont pas évidentes quand on fait des recherches sur moi. Je ne m’étais jamais posé la question de ce point de vue mais l’idée est venue, plutôt que de penser un nouvel album, de faire connaître un certain nombre de chansons que j’assume pleinement et auxquelles je ne changerai pas une virgule aujourd’hui. Et, étant donné la place subalterne qui est laissée par le gouvernement Macron à une question aussi fondamentale que l’écologie, et peut-être aussi parce que je suis grand-père maintenant donc que je pense à l’héritage laissé à nos petits-enfants, j’ai voulu réenregistrer ces chansons avec des arrangements plus actuels. Et surtout, en partageant le son avec une dizaine de mes amis qui sont sensibles aux mêmes questions sur la biodiversité et écocitoyennes que moi.

Visiblement c’était un plaisir de les partager avec Angélique Kidjo, Jean-Louis Aubert, Kent…

Oui et sans faire de jeu de mots, il n’y a aucun problème à faire du recyclage quand on parle d’écologie ! (rires) Mais je n’ai pas le sentiment non plus de saouler avec des trucs que les gens connaissent déjà parce qu’à part, et c’est volontaire, « La ballade du mois d’août 1975 », que j’ai eu beaucoup de plaisir à reprendre avec Yannick Noah, la plupart des chansons ne sont pas vraiment connues. Donc quand j’enregistre « Le jardin de mon oncle » qui figurait sur mon tout premier album, ce n’est vraiment pas une chanson que l’on a entendue. En fait le terme de recyclage ne tient pas puisque ce sont des chansons que la plupart des gens découvrent.

Le disque contient également un poème de Paul Watson, militant écologiste fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society…

J’avais milité parmi d’autres pour sa libération et je l’avais rencontré quand il était sorti de prison en 2024. Il était venu manger à la maison et, à cette occasion, j’avais découvert qu’il écrivait des poèmes. Il m’en a envoyé deux très longs et, de l’un d’eux, est extraite la partie que j’ai mise en musique. Il évoque en termes poétiques et littéraires l’engagement et la nécessité de militer pour défendre la planète. Ce’est un engagement de survie.

(c)ShaanC

Qu’est-ce que le BioVinyl avec lequel est fabriqué le disque ?

C’est un matériau à base d’algues qui, d’après ce que nous a promis l’industriel qui le fabrique, possède la qualité de son équivalente au vinyle. Par contre il coûte plus cher à fabriquer. Mais je crois que les gens comprennent que, de toute façon, en achetant le disque ce n’est pas à moi qu’ils vont donner l’argent mais à d’autres gens comme eux puisque l’intégralité de ce que nous percevrons sera reversé à France Nature Environnement (FNE) qui fait un travail de terrain bien supérieur à ce que je peux faire. J’agis en tant qu’écocitoyen avec les moyens qui sont les miens mais qui ont pour finalité d’encourager quasiment un million de personnes qui sont impliquées dans les 6 000 associations qui font la force de FNE.

Vous dîtes parfois que vous êtes inquiet mais optimiste…

J’ai deux points de vue selon que je vois les gens un par un et là j’ai confiance en l’Homme, et quand je les vois en groupe, noyés les uns avec les autres comme lors d’un match de foot ou de rugby. Et là, je suis plus inquiet. C’est la même chose dans un supermarché, quand tu lâches un gars, il va se ruer vers les produits pas chers pour en mettre le plus possible dans son caddie. L’exemple de l’alimentation est parlant parce qu’on entend d’un côté les gens qui veulent préserver le sol, la planète, éviter la surexploitation, et de l’autre on constate qu’on produit en masse, et tellement que les déchets alimentaires représentent de l’ordre de 40% de la production. Donc on produit comme des malades pour jeter ! Les tonnes de poissons extraites de la mer, la surproduction de produits alimentaires tout ça finit en déchets, tout ça constitue des invraisemblances en lien avec le monde sur-consumériste que l’on a hérité de l’après-guerre. Alors effectivement on produit mais quand on ne produit plus en France on va vendre à des pays qu’on va inonder avec nos merdes, pour nous-mêmes avaler le Mercosur (Marché commun du Sud, bloc commercial sud-américain créé en 1991, ndlr) composé de pays qui ne respectent pas les mêmes normes que nous. Tout ça coûte très cher à l’Homme.

Qui va vers son autodestruction ?

Chaque année la date limite est atteinte qui montre que, dans la deuxième partie de l’année, on consomme plus que la Terre ne peut fournir. Les cycles de régénération des poissons par exemple s’achèvent à peu près au mois de juin. La situation se dégrade mais on invente des bateaux plus gros, c’est terrible.

La faute aux progrès technologique et industriel ?

Ma génération de boomer de l’après-guerre était mue par de bonnes intentions mais ignorante. L’avènement de la chimie a fait croire que quand on ajoute de l’azote dans le sol on l’enrichit, mais aujourd’hui on s’aperçoit des conséquences dramatiques de son utilisation, notamment la disparition des lombrics. Donc ceux qui l’utilisent sont encore plus coupables de mal agir parce qu’ils le font en sachant exactement ce qu’ils font. Je veux bien prendre une part de responsabilité, mais quand on construit aujourd’hui toujours d’énormes paquebots tout en sachant la pollution qu’ils génèrent tant sur le plan énergétique que du tourisme de masse, c’est la honte ! Et on n’a jamais produit autant de plastique alors qu’on sait où ça va. Toutes ces choses-là m’ont donné envie de faire un disque écocitoyen, même pas d’alerte parce que je ne révèle rien de rien, mais au moins pour qu’on en parle.

Pascal Alquier

Vous pouvez également consulter l’interview via notre liseuse ci-dessous :


Source:

www.rollingstone.fr

L’Inde déclare officiellement le virus Nipah et l’Asie réactive les contrôles type Covid: un signal d’alarme mondial

L’alerte est désormais officielle. Les autorités sanitaires de Inde...

George Orwell et ‘1984’ – Quand la censure devient totale

Dans son roman emblématique, George Orwell explore les dangers...

Algérie–Qatar : un rapprochement stratégique dans un contexte régional en mutation

La visite officielle à Doha du général d’armée Saïd...

40 choses à faire ce mois-ci

Nous pouvons recevoir une partie des ventes si...
Annonce publicitaire Dynamiques de paix dans le Caucase du Sud

Articles Similaires

Annonce publicitaire Isaac d'ArganIsaac d'Argan