Miu Miu Literary Club : chroniques contemporaines du désir féminin

Un salon littéraire à Milan

Dans la lignée des salons littéraires et artistiques européens – de Madame de Stael à Gertrude Stein – le Miu Miu Literary Club s’inscrit, depuis ses débuts, dans une tradition de pensée et d’échange. Porté par Miuccia Prada, il se déploie autour d’un fil narratif conçu comme une conversation au long cours explorant l’identité féminine dans toute sa pluralité. Après “Writing life”, en 2024, qui évoquait l’écriture comme acte de conscience et de réappropriation, le salon de l’année dernière s’intéressait à l’éducation, comme instrument de normalisation patriarcale et comme outil d’émancipation, à travers l’oeuvres deux figures littéraires : la française Simone de Beauvoir et la japonaise Fumiko Enchi.

“Ce double regard, entre contrainte et subversion, reste au cœur du projet”, souligne Olga Campofreda. “S’éduquer, c’est aussi apprendre à désobéir, à remettre en question les normes imposées. Le Miu Miu Literary Club se construit ainsi comme un espace critique, à rebours des logiques de communication contemporaines. À l’heure où les échanges en ligne sont souvent polarisés, voire violents, il propose un cadre où la parole circule autrement : plus lente, plus attentive, plus incarnée. On y entre pour écouter, apprendre, questionner, et je crois que l’on en ressort transformé.”

Dianna Agron lors du Miu Miu Literary Club 2026 à Milan durant le Salone del Mobile

Culture féministe en mouvement

Dans un monde dominé par l’écran et l’immédiateté, le Miu Miu Literary Club s’impose comme une parenthèse à la fois intellectuelle, sociale et profondément collective. Un espace-temps singulier, au cœur de l’art de vivre milanais, où l’on convoque Marcel Proust, Miranda July ou Bell Hooks, dans une bibliothèque d’un autre temps, tandis qu’au rez-de-chaussée, les discussions se prolongent autour d’un espresso ou d’un Martini, au rythme des DJ sets. Cette année, le club s’agrandit et convie de nouvelles voix – universitaires, penseuses, auteures et activistes – à converser autour de l’oeuvre A Girl’s Story de la française Annie Ernaux, prix Nobel de littérature en 2022, et de Changes: A Love Story, signée de l’une des figures les plus influentes de la littérature africaine, icône de la pensée féministe post-coloniale, Ama Ata Aidoo.

Le désir est un thème extrêmement vaste, qui permet à la fois d’embrasser l’universalité de l’expérience féminine et de poser des questions politiques, parfois provocantes.

Lou Stoppard


Source:

www.vogue.fr

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