Alors qu’une reprise des négociations de paix semble se profiler entre l’Iran et les États-Unis, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit au Moyen-Orient, semble, elle, de plus en plus précaire.
Le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est en effet déjà mis à rude épreuve.
« Nous avons entamé un processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban, et il nous paraît évident que le Hezbollah essaie de le saboter », a ainsi estimé ce vendredi 24 avril le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le mouvement chiite pro-iranien, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités contre Israël le 2 mars, a annoncé par la voix d’un de ses députés, Ali Fayad, que la prolongation n’avait « pas de sens » au vu des « actes d’hostilité » persistants d’Israël. Le Hezbollah a également appelé l’État libanais à « se retirer des négociations directes avec Israël ».
Plus tôt ce vendredi, deux personnes ont été tuées dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé.
Six membres du Hezbollah tués lors d’une escarmouche
Dans la même région, l’armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d’une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement pro-iranien avait abattu l’un de ses drones.
L’armée a par ailleurs émis ce vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l’annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L’agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d’une frappe israélienne sur Deir Aames.
Une négociation directe avec Israël « signifierait une reconnaissance de l’ennemi », explique à l’AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s’était mis à l’abri et de regagner son village du sud du Liban, vu la prolongation de la trêve. « Nous rentrons chez nous », dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l’espoir « que le cessez-le-feu deviendra permanent ».
Le conflit a déjà fait plus de 2 400 morts et un million de déplacés au Liban depuis début mars. Par ailleurs, la Finul, la force de l’ONU, a annoncé vendredi la mort d’un de ses Casques bleus indonésiens blessé le 29 mars dans le sud.
Jeudi, Donald Trump a dit s’attendre à ce que Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun se rencontrent « dans les semaines à venir », ce qui serait historique pour ces deux pays techniquement en état de guerre depuis 1948.
Source:
www.huffingtonpost.fr



