Le photographe est un « passionné de cinéma » et le réalisateur se dit « taré de photo ». Nouée par l’entremise d’une amie commune, il y a une dizaine d’années, l’amitié entre Vincent Desailly, 37 ans, et Vladimir de Fontenay, 39 ans, s’est matérialisée en 2024 grâce à Sukkwan Island. Tandis que le second dirigeait ce long-métrage – en salle le 29 avril –, le premier s’est glissé sur le tournage, avec l’accord de la production.
« Le découpage en plans de l’image cinématographique résonne avec ma façon de cadrer. C’est la raison pour laquelle, depuis longtemps, le plateau de cinéma me semble un terrain intéressant », explique Vincent Desailly, qui s’était déjà brièvement invité sur le tournage de Rodéo (2022), de Lola Quivoron, une fiction se déroulant dans le milieu du cross bitume.
Sukkwan Island porte à l’écran le roman éponyme de David Vann (Gallmeister, prix Médicis étranger 2010). L’intrigue plonge un père et son fils adolescent dans les paysages de l’île de Sukkwan, en Alaska, où ils font le choix de s’isoler durant un an. Désireux de vivre une expérience initiatique, ils investissent un chalet, loin de toute activité humaine.
Tout a relevé du défi
Pour Vincent Desailly, qui est resté au total deux semaines sur le tournage, il s’agissait de poser son regard sur l’histoire et les décors déjà établis, sans styliser à outrance ni tomber, à l’inverse, dans un making of qui documenterait uniquement les coulisses de la fabrication. « Bien souvent, lorsque des gens découvrent mon travail, ils me demandent dans quelle mesure je mets en scène, jusqu’où je fais poser les gens. Cela m’a poussé à m’interroger sur cette frontière entre le vrai et le faux. Sur le film de Vladimir, je voulais faire des prises de vue fictionnelles avec un goût de réel », résume le photographe.
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Source:
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