Une enquête a été ouverte pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion après qu’un homme de 65 ans a tiré à proximité d’enfants, dimanche, à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, a annoncé, jeudi 23 avril, le parquet du Puy-en-Velay.
Des témoignages cités par le quotidien Le Progrès faisaient état de propos racistes tenus alors par cet homme. Le parquet avait déclaré, pour sa part, qu’au cours de l’enquête, ni l’enfant de 10 ans qui disait avoir été visé par l’homme, ni ses représentants légaux qui avaient porté plainte, ni les témoins auditionnés « n’avaient fait état de propos à caractère raciste ».
A l’issue de sa garde à vue lundi, l’homme avait fait l’objet d’une convocation devant le tribunal correctionnel prévue début juillet pour « violences avec arme ».
Le père de l’enfant s’est présenté, mercredi, au commissariat pour déposer une nouvelle plainte « sur les faits d’injures à caractère raciste », précise, jeudi, le parquet. Il a également produit un certificat d’un médecin généraliste établi lundi, faisant état de trois jours d’incapacité totale de travail « à raison du choc émotif », qui n’avait pas été communiqué aux policiers, selon la même source.
« Le tribunal étant déjà saisi des faits de violences, une nouvelle enquête a été ouverte [mercredi] du chef d’injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », souligne le parquet.
Rassemblement prévu samedi
Cette procédure porte également sur les propos à caractère raciste tenus par l’homme dans une vidéo citée par Le Progrès et pour laquelle le parquet a reçu un signalement de SOS Racisme et du MRAP. L’enquête est confiée au commissariat du Puy-en-Velay.
« Plusieurs personnes indiquent avoir fait état, lors de leur audition au commissariat, des propos injurieux à caractère raciste qui ne figurent pas dans la plainte transmise au procureur », souligne, de son côté, SOS Racisme dans une publication sur son site. L’association dit s’inquiéter « de ces éléments, qui interrogent sur les conditions de traitement des signalements et de la prise en compte de la dimension raciste des faits dénoncés ».
Un rassemblement est prévu samedi à Espaly-Saint-Marcel à 14 h 30 « en soutien aux victimes et pour dénoncer le racisme de cet acte ».
Plusieurs élus de gauche avaient réagi mardi sur X, dénonçant « une véritable chasse à l’enfant de couleur ». « Si le motif raciste devait être confirmé, il serait d’une gravité inouïe. Et il appellerait à un sursaut collectif », avait, pour sa part, écrit la ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.
Source:
www.lemonde.fr



