La pression devenait trop forte. Face aux prix toujours élevés des carburants, et aux critiques insistantes de l’opposition, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé, mardi 21 avril, sa décision de muscler un peu les aides accordées aux consommateurs de produits pétroliers. L’ensemble des nouvelles mesures devrait faire passer le coût pour l’Etat d’environ 70 millions d’euros à 180 millions d’euros par mois, hors « chèque énergie », selon Bercy.
Premier changement, les dispositifs temporaires lancés depuis quelques semaines vont être prolongés, et accrus pour certains d’entre eux. Ainsi l’aide aux pêcheurs va-t-elle passer de 20 centimes à 30 voire 35 centimes par litre, en fonction de tractations en cours avec l’Union européenne. Celle accordée aux agriculteurs va quadrupler, passant de 4 centimes à 15 centimes par litre. L’aide de 20 centimes par litre destinée aux transporteurs routiers va, de son côté, être reconduite, et peut-être élargie aux taxis et aux VTC. Une mesure similaire est aussi promise aux PME du bâtiment et des travaux publics.
Ensuite et surtout, une aide va être instaurée pour 2,9 millions de « grands rouleurs » professionnels disposant de revenus plutôt faibles. Cette nouvelle aide vise « les grands rouleurs qui bossent » sans appartenir pour autant à une des filières concernées jusqu’à présent, glisse-t-on à Matignon. Elle pourrait bénéficier à des infirmiers libéraux ou à des aides-soignants. Ces derniers jours, la CFDT, notamment, avait plaidé pour que les dispositifs actuels soient étendus « aux aides à domicile » qui utilisent « énormément leur véhicule » et sont mal payés, ou encore aux « enseignants itinérants » effectuant des remplacements dans plusieurs établissements.
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Source:
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