Le chef de l’Etat s’est voulu rassurant, samedi 25 avril, affirmant que la guerre au Moyen-Orient ne laissait aujourd’hui « envisager aucune pénurie » de carburant en France, mettant en garde contre les scénarios qui risquent de provoquer des « comportements de panique ».
Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a estimé vendredi lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Chantilly, près de Paris, que si le blocage du détroit d’Ormuz, dans le Golfe, perdurait « encore deux ou trois mois » la France entrerait « dans une ère de pénurie énergétique ».
« On n’est pas dans le scénario qui est un des scénarios du pire que vous avez décrit, qui n’est aujourd’hui pas le plus probable et qu’il ne m’appartient pas de commenter », a déclaré le président français, interrogé sur cette hypothèse lors d’une conférence de presse dans le cadre d’une visite à Athènes.
Aides annoncées par le gouvernement
« Je me garderais bien de faire de la politique-fiction, parce que (…) je sais comment la psychologie peut se comporter. On n’est pas là pour expliquer le pire des risques », a-t-il poursuivi. Selon lui, « la pire des choses, dans ces moments où il y a des tensions, de l’incertitude géopolitique, c’est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique ». « Et bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes », a-t-il estimé.
« Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée », malgré l’impact sur les prix, et qu’« aujourd’hui la situation ne nous fait envisager aucune pénurie », a encore déclaré Emmanuel Macron. Il a appelé à « une réouverture complète, conforme au droit international, à la liberté de navigation, sans péage [du] détroit d’Ormuz », en vue d’un retour à la normale qui ensuite serait progressif.
L’exécutif a annoncé mardi une nouvelle aide, destinée à 3 millions de « travailleurs modestes grands rouleurs », ainsi qu’un soutien accru aux pêcheurs et agriculteurs face à la flambée persistante des prix des carburants en raison de la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement a également prolongé les aides sur les carburants, les élargissant à des secteurs comme le bâtiment, les taxis et les VTC. Le coût de ces aides atteint 180 millions d’euros pour le mois de mai, a détaillé David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics, à l’issue du conseil des ministres mercredi.
Le conflit a également entraîné une hausse de l’inflation dans de nombreuses régions, notamment dans la zone euro, où elle a été révisée en hausse en mars, à 2,6 % sur un an, contre 2,5 % annoncé, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis juillet 2024.
Il s’agit d’une forte progression par rapport à février, où l’inflation ressortait à 1,9 %, les prix ayant été tirés à la hausse le mois dernier par le conflit au Moyen-Orient et l’envolée du pétrole et du gaz.
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