« Aux franges du silence. Glose pour FLL », de Marcel Bénabou, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 440 p., 27 €, numérique 19 €.
Ce livre est un régal. Subtil, drôle, érudit mais jamais pédant, et bien plus profond qu’il n’y paraît. Sous les dehors d’une vaste blague, il propose une palpitante expédition aux limites extrêmes de la poésie et de la littérature, doublée d’une biographie en pointillé.
A première vue, Aux franges du silence, de Marcel Bénabou, a tout d’un de ces canulars dont raffolent les élèves de l’Ecole normale supérieure. Ou plutôt de deux canulars, deux vertiges emboîtés : dans cet essai, une glose totalement démesurée prolifère autour d’un corpus lilliputien. Tout part des recherches poétiques de François Le Lionnais (1901-1984), fondateur, en 1960, avec Raymond Queneau (1903-1976), de l’Ouvroir de littérature potentielle, ou Oulipo, ce cercle de passionnés de l’écriture à contrainte. Ingénieur chimiste, mathématicien, écrivain à ses heures, Le Lionnais examine la production littéraire à travers ses lunettes de scientifique et débat avec son ami Queneau : « A partir de combien de mots un poème est-il possible ? » Un texte très bref peut-il susciter l’émotion ?
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Source:
www.lemonde.fr



