Trois ans sans réponse. Pas une lettre, pas un mot. À l’approche du procès de l’élève accusé d’avoir tué Agnès Lassalle, le compagnon de l’enseignante Stéphane Voirin dit toujours attendre un signe qui n’est jamais venu. Une absence qui pèse, à deux jours de l’ouverture des débats devant la cour d’assises des mineurs à Pau.
Dans ces conditions, impossible pour lui d’envisager le pardon. En trois ans, il dit n’avoir reçu ni lettre de l’adolescent ni message de sa famille. « Le pardon est au bout d’une longue route tortueuse et difficile sur laquelle, pour l’instant, ils ne se sont même pas engagés », explique-t-il.
Face à lui, un adolescent de 16 ans au moment des faits, qui à partir de mardi 21 avril sera jugé pour avoir poignardé son enseignante en plein cours, en février 2023 à Saint-Jean-de-Luz. La question de son discernement sera centrale, les expertises psychiatriques ayant livré des conclusions contradictoires.
Dans ce procès, Stéphane Voirin attend avant tout une reconnaissance. « J’espère seulement voir le prévenu afin que, pour une fois, il fasse face à ses responsabilités », confie-t-il au journal de 20 heures de France 2. « La reconnaissance d’un geste, au moins, la reconnaissance de ce geste horrible. » Il souhaite aussi porter la question de la violence à l’école : « Ce n’est pas normal d’avoir à risquer sa vie dans les établissements. Vous êtes professeur, vous êtes là pour enseigner. »
Une danse qui a bouleversé au-delà des obsèques
Pour affronter l’audience, il garde Agnès Lassalle au plus près de lui, notamment à travers un tee-shirt à son effigie. Lors des obsèques de sa compagne, il avait marqué les esprits en esquissant quelques pas de danse. « Ce jour-là, je n’ai pas dansé pour elle, mais avec elle », raconte Stéphane Voirin au bord des larmes. « C’est le meilleur message d’amour que je pouvais donner à Agnès. On avait décidé de se marier six jours avant. »
Depuis, des milliers de lettres lui ont été envoyées. Il continue de s’y replonger quand le doute s’installe. « Ça a été une source de réconfort, de soutien incroyable », confie-t-il. « Même encore à l’heure actuelle, lorsque je doute, je prends quelques-uns […] et ça me fait encore croire à la vie, en l’être humain. »
Après le procès, Stéphane Voirin affirme vouloir profiter de la vie, pour eux deux.
Source:
www.huffingtonpost.fr



