Patrick Artus : « L’impact de l’IA sur la croissance dépendra aussi de l’ampleur des politiques redistributives et du partage des revenus »

L’impact de l’intelligence artificielle [IA] sur l’emploi et la productivité fait l’objet d’une littérature économique abondante. Un consensus se dégage : une part significative des tâches – de l’ordre de 35 % à 50 % – sera affectée par l’IA ; elle remplacera essentiellement des salariés assez qualifiés (mais pas très qualifiés) et jeunes ; enfin, elle générera de nouvelles compétences et de nouveaux besoins de formation.

Mais de nombreuses incertitudes subsistent. S’il est clair que l’emploi diminuera dans les secteurs où l’IA peut se substituer directement au travail humain, il est en revanche beaucoup plus difficile d’en mesurer l’ampleur dans les secteurs où elle agit en complément du travail – en enrichissant les tâches plutôt qu’en les remplaçant – ainsi que dans ceux où le contact humain et les relations professionnelles jouent un rôle central.

Les travaux de recherche suggèrent que les destructions d’emplois auront lieu dans la finance, le commerce, le transport et la logistique, l’industrie manufacturière ou encore l’information. A l’inverse, les créations d’emplois concerneront plutôt la santé, les services sociaux, les services aux entreprises et l’éducation. On peut ainsi anticiper, en théorie, des gains de productivité élevés dans les secteurs où l’IA et l’emploi sont substituables, ainsi que dans ceux où elle enrichit le contenu des tâches, tandis que ces gains resteraient plus limités dans les activités où les interactions humaines sont essentielles.

Autre incertitude, l’impact de l’IA sur la croissance. Il dépend certes de ses effets sur l’emploi, mais aussi d’autres facteurs déterminants, au premier rang desquels figurent l’ampleur des politiques redistributives et le partage des revenus.

Effets tangibles sur l’emploi et la productivité

Aux Etats-Unis, où les mécanismes de redistribution sont limités, les pertes d’emplois ne sont que partiellement compensées. Par ailleurs, les gains de productivité servent principalement à accroître les profits des entreprises plutôt que les salaires : le principal moteur potentiel de la croissance réside donc dans la progression de la consommation des personnes les plus aisées. De fait, les évolutions récentes montrent que seuls les 10 % des ménages les plus riches connaissent une hausse significative de leur consommation. En Europe, à l’inverse, des inégalités de revenu plus faibles et des politiques redistributives plus développées permettent d’atténuer l’impact du développement de l’intelligence artificielle sur la croissance.

Il vous reste 58.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

L’Inde déclare officiellement le virus Nipah et l’Asie réactive les contrôles type Covid: un signal d’alarme mondial

L’alerte est désormais officielle. Les autorités sanitaires de Inde...

George Orwell et ‘1984’ – Quand la censure devient totale

Dans son roman emblématique, George Orwell explore les dangers...

Algérie–Qatar : un rapprochement stratégique dans un contexte régional en mutation

La visite officielle à Doha du général d’armée Saïd...

40 choses à faire ce mois-ci

Nous pouvons recevoir une partie des ventes si...
Annonce publicitaire Dynamiques de paix dans le Caucase du Sud

Articles Similaires

Annonce publicitaire Isaac d'ArganIsaac d'Argan