Un millier d’Afghans, qui avaient aidé les États-Unis dans leur guerre contre les talibans, pourraient ne jamais aller sur le sol américain, contrairement aux promesses qui leur ont été faites : ils pourraient même être envoyés vers la République démocratique du Congo, annonce le New York TimesOuverture dans un nouvel onglet. Ces interprètes, qui ont aidé l’armée américaine dès 2001, d’anciens membres des forces spéciales afghanes et leurs familles, dont plus de 400 enfants, se trouvent actuellement au Qatar, dans une ancienne base militaire américaine, connue sous le nom de « Camp As Sayliyah ». Ce ne devait être qu’une étape vers les États-Unis, le temps de remplir des formalités administratives, indique le New York TimesOuverture dans un nouvel onglet, avant une réinstallation aux États-Unis, mais désormais, ces 1 100 Afghans pourraient être envoyés en RDC, révèlent le New York TimesOuverture dans un nouvel onglet, le GuardianOuverture dans un nouvel onglet et la Deutsche WelleOuverture dans un nouvel onglet, car l’administration Trump, anti-immigration, refuse de poursuivre un programme lancé par l’ancien président Joe Biden.
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De nombreux Afghans à Doha ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas volontairement d’être envoyés en RDC, mais l’administration Trump vient de conclure un accord, plus large, pour que Kinshasa accueille des exilés expulsés des États-Unis, rapporte le New York TimesOuverture dans un nouvel onglet : une partie de cet accord prévoit de débloquer 50 millions de dollars pour l’agence des Nations unies pour les réfugiés, ajoute le New York TimesOuverture dans un nouvel onglet, pour qui cette pratique et les discussions autour du renvoi d’Afghans vers la RDC « illustrent ce qui est devenu la stratégie migratoire de Donald Trump : envoyer des personnes vers des contrées lointaines, même lorsque ces pays connaissent des violations des droits de l’homme ou sont dirigés par des gouvernements autoritaires », ou pour le dire autrement, même lorsque ces pays tiers ne sont pas jugés sûrs. C’est ce que Jeune AfriqueOuverture dans un nouvel onglet qualifie de « scandaleux marché de Trump » : « Un système qui ne respecte ni les droits humains ni le droit international, dont l’administration Trump a fait l’un de ses leviers de pression diplomatique. »
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Atteintes aux droits humains et politique coûteuse : les États-Unis ont déboursé 40 millions de dollars pour expulser 300 personnes à ce jour, vers des pays autres que les leur, indiquent Jeune AfriqueOuverture dans un nouvel onglet, ABC7 ChicagoOuverture dans un nouvel onglet et l’agence APOuverture dans un nouvel onglet, qui se fondent sur un rapport démocrate de la commission des affaires étrangères du Sénat. « Le Rwanda a reçu 7,5 millions de dollars pour sept individus, soit plus de 1 million de dollars par personne », souligne Jeune AfriqueOuverture dans un nouvel onglet, mais 250 personnes pourraient bientôt être accueillies par Kigali après leur expulsion des Etats-Unis, expliquent le journal rwandais The New TimesOuverture dans un nouvel onglet. Ces trajets forcés se déroulent dans des conditions inhumaines, accuse Jeune AfriqueOuverture dans un nouvel onglet et huit hommes envoyés au Soudan du Sud, ont ainsi « transité par Djibouti, où ils ont été détenus dans un conteneur maritime installé près d’une fosse d’incinération ».
Entretien avec Camille Le Coz, directrice du groupe de réflexion Migration Policy Institute, basé en Europe et aux États-Unis.
Pouvez-vous nous dire ce qu’obtiennent les pays tiers qui acceptent d’accueillir des personnes expulsées par Washington ?
C’est vraiment un cocktail d’intimidations : Washington, au cours de la dernière année, a approché différents États en accentuant la pression, avec le couperet des visas, des tarifs douaniers et en utilisant aussi le levier de l’aide humanitaire. Ces États se disent également que c’est assez malin de recevoir quelques centaines de personnes pour rester dans les bonnes grâces de cette administration. Un représentant d’un pays d’Afrique subsaharienne me disait récemment que, finalement, de leur côté, ils accueillaient déjà des milliers de migrants et de réfugiés, et qu’une centaine de personnes en plus n’allait pas faire une grande différence pour eux.
Et puis, certains gouvernements ont obtenu des financements intéressants : 7,5 millions de dollars pour le Rwanda, 5,1 millions pour l’Eswatini [ex-Swaziland]. En période de restriction budgétaire, c’est toujours bon à prendre. Dernier élément : sur le plan politique, une photo à la Maison Blanche est toujours utile, que ce soit sur le plan intérieur mais aussi au niveau régional, vis-à-vis de leurs voisins.
Dans ces accords migratoires, les droits humains, le droit d’asile sont-ils respectés par les États-Unis et les pays qui accueillent ces personnes expulsées du sol américain ?
Alors là, il faut revenir sur en quoi consistent ces accords : avec mon collègue Ariel Ruiz, nous avons recensé 28 accords. Dans certains de ces accords, les personnes transférées ont la possibilité déposer une demande d’asile dans le pays qui les accueille. Cela a été le cas, par exemple, au Guatemala. Il y en a d’autres où les personnes sont envoyées de manière temporaire : l’accord, passé avec le pays d’accueil, prévoit qu’à partir de ce pays-là, les exilés rentrent dans leur pays d’origine. C’est ce qui s’est passé lorsque les États-Unis ont envoyé à peu près 300 personnes vers le Panama. La difficulté, c’est que, si certaines personnes sont effectivement rentrées dans leur pays d’origine, d’autres se trouvent aujourd’hui dans un « no man’s land » juridique. Il y a eu aussi des accords, comme avec le Salvador, où il s’agissait d’accords de détention : les États-Unis ont envoyé des Vénézuéliens au Salvador et le président a, quelque part, organisé cette grande opération médiatique puis incarcéré ces personnes. Donc non, les droits de l’homme ne sont pas systématiquement respectés dans ces dispositifs.
Cette politique migratoire de la part des États-Unis a un coût humain, mais aussi un coût financier. Des démocrates, au Congrès américain, ont estimé que les États-Unis avaient dépensé 40 millions de dollars pour expulser 300 personnes vers des pays tiers, avec des cas où Washington paie parfois deux fois : pour envoyer les expulsés vers un pays tiers et ensuite pour renvoyer ces personnes vers leur pays d’origine. La situation est-elle tenable pour la Maison Blanche ?
Effectivement, ce sont des opérations qui coûtent très cher. Il y a aussi de nombreux cas qui ont été portés à l’attention des cours de justice. Et puis, il y en a un certain nombre qui vont finir au niveau de la Cour suprême.
Mais l’objectif de cette administration, je le rappelle, c’est d’expulser un million de personnes par an, c’est de faire peur, de pousser les personnes à quitter le territoire américain de leur propre chef plutôt que de risquer de se faire débarquer dans un pays lointain. Donc tant que l’administration tient ce discours sur le plan politique, elle arrive à tenir, au moins, du côté de son électorat.
Sur le principe, ce dispositif est aligné avec ce qui est discuté en Europe aujourd’hui, avec des « hubs pour le retour » : ce sont des centres qui devraient accueillir des personnes que les gouvernements européens n’arrivent pas à renvoyer dans leur pays d’origine. Mais dans la législation européenne, ces centres pour le retour seraient quand même plus encadrés, il est censé y avoir un mécanisme de suivi. Dans les faits, il reste un énorme flou sur la manière dont ces centres vont concrètement opérer, et sur les options, le statut des personnes qui vont être envoyées vers ces pays tiers avec lesquels elles n’ont pas de lien.
Par ailleurs, on a déjà des États membres tels que les Pays-Bas, le Danemark, l’Autriche, qui sont en négociations avec différents États, en Afrique subsaharienne et en Asie, pour établir de tels dispositifs. Et l’on voit bien qu’ils pourraient reprendre la liste de l’administration Trump et essayer d’approcher ces États en leur offrant également différents avantages politiques, diplomatiques ou financiers.
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