Entretien
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La conversation
« L’écrivain, avez-vous dit, devient un personnage public qui va devoir faire le contraire de ce qu’exige la pratique de l’écriture : parler, se regarder parler, signer des dédicaces, serrer les mains, répondre à des questions, se faire présent au monde. » C’est ce qui vous est arrivé avec le prix Goncourt depuis quelques mois : comment le vivez-vous ?
Je le vis bien ! Avant même le Goncourt, le livre s’était vendu à 100 000 exemplaires et, très vite, j’ai dû répondre aux sollicitations. Lors de mes premiers livres, non seulement la promotion était une torture, mais je n’étais vraiment pas bon. Je pense que j’ai appris au fil du temps. Toutefois, pour moi, il y a l’œuvre d’un côté, où se joue le travail de l’écrivain, et la carrière, côté public, ce que j’appelle « faire l’écrivain », discuter, accepter des interviews, n’est-ce pas… Je sais que le moment où je me mets à travailler réellement, c’est quand j’arrive à me séparer de la représentation publique. À mon écritoire, il n’y aurait rien de pire que de se prendre pour Laurent Mauvignier.
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Source:
www.la-croix.com



