« Le scandale du cadmium est l’arbre qui cache la forêt de notre surexposition à de nombreux contaminants et polluants chimiques »

Le 25 mars, une publication de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) fait l’effet d’une bombe : les Français sont surexposés au cadmium, un métal toxique et cancérigène avéré, présent dans les sols et, surtout, dans l’alimentation.

Pourtant, ce qui est véritablement scandaleux ici est que ce risque sanitaire est connu depuis longtemps, mais a été mis sous le tapis. En effet, l’Anses appelle depuis des années à agir à la source de cette contamination, les engrais phosphatés, et à établir « des valeurs limites pour mieux protéger les consommateurs ». Elle insiste en 2021 : « Tout apport au sol de cadmium constitue un facteur de risque supplémentaire pour la population. » Les priorités sont claires et les alternatives existent. Dans l’agriculture bio d’ailleurs, les engrais phosphatés chimiques sont interdits, et seuls certains engrais minéraux phosphatés sont autorisés.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Cadmium : les clés pour comprendre ce nouvel enjeu de santé publique

Et depuis ? Rien, excepté que la France a encore aggravé le risque sanitaire en profitant d’une dérogation jusqu’à 90 milligrammes (mg) de cadmium par kilogramme (kg) d’engrais phosphaté, alors même que l’Union européenne impose une limite de 60 mg depuis 2022 et que l’Anses recommande 20 mg au maximum. Il a fallu attendre le récent coup de projecteur médiatique pour que le ministère de l’agriculture annonce enfin des mesures règlementaires pour passer « de 90 mg/kg de cadmium à 60 mg/kg en 2027, puis à 40 mg/kg en 2030 et à 20 mg/kg », éventuellement avant 2038.

Ce temps perdu de l’inaction politique a un coût humain, environnemental et même économique considérable. Cela est d’autant plus vrai que le scandale du cadmium est l’arbre qui cache la forêt de la surexposition de la population à de nombreux contaminants et polluants chimiques qui se retrouvent dans nos assiettes : métaux lourds (cadmium, mercure…), dérivés de pétrole (huiles minérales aromatiques, MOAH), résidus de pesticides, PFAS (polluants éternels), additifs et auxiliaires technologiques (hexane, par exemple), substances qui migrent des emballages (bisphénols, phtalates, microplastiques)…

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Source:

www.lemonde.fr

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