Le cimentier Lafarge ainsi que l’ensemble des huit autres prévenus dont l’ancien dirigeant du groupe, Bruno Lafont, ont fait appel de leur condamnation pour financement du terrorisme en Syrie en 2013 et 2014, a déclaré à l’Agence France-Presse, mardi 28 avril, le parquet général de la cour d’appel de Paris.
Tous avaient été reconnus coupables, le 13 avril, par le tribunal correctionnel de Paris, d’avoir versé en 2013 et 2014 près de 5,6 millions d’euros à des groupes djihadistes armés afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
La société, « prête à toutes les compromissions avec des organisations terroristes », selon les termes du jugement de première instance, avait été condamnée à l’amende maximale encourue, 1,125 million d’euros, ainsi qu’à payer solidairement avec quatre de ses ex-cadres une amende douanière de 4,57 millions d’euros pour le non-respect des sanctions financières internationales.
Outre l’ancien fleuron de l’industrie française – aujourd’hui avalé par son concurrent suisse Holcim –, le tribunal correctionnel avait sévèrement sanctionné sept ex-responsables de Lafarge, dont son ex-PDG (2007-2015), Bruno Lafont.
« Un accord rentable pour l’entreprise »
Fustigeant la « mauvaise foi » et la « lâcheté » de ce dernier, qui soutient ne pas avoir été informé des versements aux groupes djihadistes, les juges avaient prononcé une peine de six ans d’emprisonnement assortie d’un mandat de dépôt. L’ancien grand patron, incarcéré dans la foulée à la prison parisienne de la Santé, a depuis déposé une demande de mise en liberté.
Son ancien bras droit Christian Herrault, alors directeur général adjoint de la multinationale, qui « présidait aux négociations avec l’Etat islamique afin de signer avec l’organisation terroriste un accord rentable pour l’usine », selon les magistrats, a pour sa part été condamné à cinq ans d’emprisonnement, également avec mandat de dépôt.
Bruno Pescheux, directeur de la branche syrienne de Lafarge de 2008 au 20 juillet 2014, qui a été condamné à la même peine, a pour sa part échappé à l’incarcération en raison de son état de santé.
La tribunal avait encore prononcé des peines allant de dix-huit mois pour un gestionnaire de sûreté norvégien de Lafarge à sept ans d’emprisonnement pour l’intermédiaire syrien en fuite qui gérait les relations et paiements aux groupes djihadistes.
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le Monde Ateliers
Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Reconnues comme parties civiles, les ONG Sherpa et ECCHR avaient salué le jugement de première instance comme une « victoire majeure pour la lutte contre l’impunité des multinationales impliquées dans des violations graves des droits humains ».
Source:
www.lemonde.fr



