« La politique de santé sur l’endométriose ne peut se résumer à la mise à disposition d’un test »

La France a eu le mérite de mettre en avant la prise en charge de l’endométriose avec un plan national (2022-2025) et la promesse de filières de soins. L’Etat a choisi également d’accompagner une innovation, qui est un test salivaire diagnostique (Endotest). On peut comprendre ce choix, mais la politique nationale de santé sur l’endométriose peut-elle se résumer à la mise à disposition d’un test ?

La biologie appliquée à l’endométriose pourrait devenir un progrès utile, à condition d’être placée au bon endroit comme un test de confirmation diagnostique dans un contexte clinique cohérent. Le premier outil pour évoquer ce diagnostic reste la consultation avec l’écoute et l’examen clinique des patientes. Vient ensuite l’imagerie diagnostique réalisée et interprétée par des équipes formées, puis, parfois, des soins plus spécifiques en fonction des symptômes. C’est précisément parce que la décision est graduée, individualisée aux symptômes, et rarement binaire, qu’un test ne peut pas être pensé comme un raccourci universel.

Le retard diagnostique souvent mis en avant, basé sur d’anciennes études, pour proposer ce test est également un argument en réalité très discutable car, plus que d’un diagnostic, c’est d’une prise en charge adaptée que les patientes ont besoin. Ainsi, le retard de prise en charge d’une femme présentant des dysménorrhées [douleurs de règles] est intolérable, car il n’est nul besoin d’un test salivaire pour prescrire des traitements médicaux adaptés (ceux-ci étant souvent identiques que la patiente ait ou non une endométriose).

Le risque de patientes faussement positives

L’efficacité d’un test dépend d’abord de la population à laquelle on l’applique. L’efficacité rapportée à ce jour a été obtenue dans une population où le taux de patientes présentant une endométriose était élevé (75 %). Sur des populations où le taux de patientes présentant une endométriose est plus faible, comme celui de la population générale (de l’ordre de 10 %), l’efficacité sera systématiquement moins bonne avec notamment un risque plus élevé de patientes faussement positives, entre 12 % et 30 % (patientes ayant un test indiquant faussement la présence d’une endométriose).

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Source:

www.lemonde.fr

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