Violences policières : un fonctionnaire soupçonné d’avoir fracturé le crâne d’une femme à Marseille en 2018 mis en examen

Un policier, soupçonné d’avoir fracturé avec sa matraque le crâne d’une jeune femme à terre en marge d’une manifestation à Marseille en 2018, a été mis en examen pour violences aggravées, a appris l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 24 avril, auprès du parquet, confirmant une information de Mediapart.

Lire aussi (2019) : Article réservé à nos abonnés « Gilets jaunes » : à Marseille, la police visée par une plainte pour « tentative d’homicide »

Depuis le début des investigations, près d’une quinzaine de fonctionnaires de police ont fait l’objet de poursuites dans l’agression d’Angelina, initialement connue sous le pseudonyme de « Maria », alors âgée de 19 ans, et de son ami, le 8 décembre 2018 dans le centre-ville de Marseille. Plus de sept ans après les faits, les enquêteurs estiment avoir identifié le principal suspect, selon une source proche du dossier.

Le principal mis en cause, affecté aujourd’hui aux renseignements territoriaux, a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi du chef de « violences ayant entraîné une ITT [incapacité totale de travail] supérieure à huit jours » avec trois circonstances aggravantes par une personne dépositaire de l’autorité publique, en réunion et avec arme, fait savoir le parquet de Marseille.

Contrôle judiciaire

Ce dernier avait requis son placement en détention, mais le juge des libertés et de la détention a décidé de placer le fonctionnaire de police sous contrôle judiciaire avec une interdiction d’exercer une activité professionnelle de police sur la voie publique.

L’affaire avait fait grand bruit quand la victime avait porté plainte auprès de la police des polices, l’IGPN. Des photos d’elle à l’hôpital, le crâne rasé balafré de deux énormes cicatrices, avaient été diffusées dans la presse.

Sollicité par l’AFP, l’avocat d’Angelina, Brice Grazzini, s’est dit « satisfait qu’après huit années d’un combat acharné, les individus ayant participé à ce passage à tabac soient enfin identifiés et mis en examen ». « Je ne remets pas en cause leur présomption d’innocence, je constate simplement que le travail spectaculaire de la juge d’instruction et du procureur de la République a permis de briser cette omerta, qui est quand même hallucinante lorsqu’elle vise à couvrir des agissements gravissimes de policiers », a ajouté le conseil.

Lire l’archive (2020) : Article réservé à nos abonnés Violences policières : à Marseille, les agresseurs de Maria toujours introuvables

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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