France reconversion. Emmanuel Macron abandonnera, dans un an, son fauteuil de président de la République, après une décennie au pouvoir. Empêché de briguer un nouveau mandat (la Constitution n’en permet que deux de suite), le chef de l’État accueillera son successeur sur le perron de l’Élysée en mai 2027. Que fera-t-il ensuite ?
La question ne s’est, en réalité, jamais posée en ces termes. L’âge de ses lointains prédécesseurs au moment de quitter la rue du Faubourg Saint-Honoré rendait assez inévitable leur retraite médiatique et politique. Les plus récents, Nicolas Sarkozy et François Hollande, n’ont eux jamais exclu la possibilité d’un retour, qu’ils ont finalement tenté. Le socialiste dit d’ailleurs « se préparer » à la prochaine présidentielle, maintenant qu’il est redevenu député.
De con côté, Emmanuel Macron cultive une forme de singularité. Haut fonctionnaire et banquier d’affaire de profession, puis ministre dans un gouvernement socialiste, il n’avait jamais connu quelconque mandat avant son triomphe dans la course élyséenne. Douze mois avant de rendre les clefs, les menus indices qu’il s’attache à distiller semblent contradictoires.
Pas de « politique » après, vraiment ?
Il en a donné un nouveau, jeudi 23 avril à Chypre, alors qu’il s’exprimait à l’école franco-chypriote de Nicosie, lors d’une visite officielle avant un sommet européen. Interrogé par un élève qui lui demandait pourquoi il a « voulu être président », le chef de l’État a expliqué (comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article) qu’il ne voyait pas la politique comme une affaire de « carrière ».
« J’ai toujours aimé mon pays, et je me suis toujours intéressé à la vie de mon pays. (…) J’ai conseillé un autre président, j’ai même été ministre et je me suis dit « on peut changer les choses plus fort et plus vite », alors j’ai lancé un mouvement politique et je suis allé à la présidence. Mais c’était, c’est toujours, pour faire des choses que je crois utiles, et pour me battre pour que mon pays et que notre Europe avancent », a-t-il d’abord expliqué, en résumant son parcours.
C’est la suite de son propos qui suscite nombreux commentaires. Car pour Emmanuel Macron, tout ceci est « une affaire de passion. Ce n’est pas tellement un plan de carrière. » Et de lâcher : « Je n’ai pas fait de politique avant, et je n’en ferais pas après ». Limpide ? Pas tout à fait. Ces quelques mots pourraient certes signifier la fin programmée de ses ambitions. Mais dans la bouche du chef de l’État, qui aura 49 ans au moment de quitter l’Élysée, ils sont à nuancer.
Depuis qu’il est entré dans l’arène, le président s’attache à tenir à bonne distance « les partis » (traditionnels), plus encore depuis que sa dissolution ratée l’a obligé à prendre du champ. Sa réponse sur la « politique » pourrait donc signifier qu’il restera en surplomb des débats et des enjeux parfois réducteurs, mais sans insulter l’avenir pour autant. « La présidence ce n’est pas de la politique », résume en ce sens l’un de ses proches ce vendredi, auprès de Politico.
Quand Macron mobilisait ses troupes
Il faut dire que parmi les rares indices laissés çà et là par Emmanuel Macron ou son entourage, cette dernière piste apparaît quelque peu en décalage. Ainsi, le locataire de l’Élysée a toujours laissé entendre qu’il continuerait à défendre ses valeurs, loin – par exemple – de fermer la porte à une nouvelle candidature, quand elle lui sera permise.
« Je ne lâcherais jamais, j’y tiens trop », avait-il par exemple assuré, dès le mois de mai 2024, au média en ligne Le Crayon qui lui demandait s’il continuerait de s’impliquer pour défendre la France et l’Europe. Lors de ses derniers vœux aux Français, le 31 décembre 2025, il semblait même regretter son sort et l’impossibilité de se représenter dès le printemps prochain.
C’est aussi ce que laissait transparaître une autre de ses sorties sur son avenir, en juillet 2025. Invité surprise des Jeunes en marche pour leur dixième anniversaire, le chef de l’État avait pris soin de sonner la mobilisation générale pour les (nombreuses) années qui arrivent.
« J’ai besoin de vous pour dans deux ans, pour dans cinq ans, pour dans dix ans, parce que vous serez là. Et comptez sur moi, je serais là avec vous », avait-il lancé à ses premiers supporters, alimentant diverses hypothèses pour la suite. Du destin européen pour certains, au retour au premier plan, en France, à la présidentielle 2032, pour d’autres. Les possibilités de reconversion en tout cas ne manqueront pas.
Source:
www.huffingtonpost.fr



