Les dirigeants de l’Allemagne et des Pays-Bas ont appelé, vendredi 24 avril, à réduire certaines dépenses dans le futur budget européen, donnant le coup d’envoi à d’intenses discussions entre les Vingt-Sept.
« J’ai déjà informé mes collègues que nous allons définir de nouvelles priorités. Cela signifie que nous devrons également réduire les dépenses du budget européen dans d’autres domaines », a affirmé le chancelier allemand, Friedrich Merz, à des journalistes à l’occasion d’un sommet européen à Chypre.
« Du point de vue allemand, un endettement accru est hors de question. L’émission d’obligations européennes sur le marché des capitaux est également exclue », a également réaffirmé M. Merz, toujours opposé à cette idée notamment défendue par la France.
Budget total de 2 000 milliards d’euros
« Le montant du budget [tel que proposé par la Commission européenne] doit absolument être réduit significativement », a plaidé de son côté le premier ministre néerlandais, Rob Jetten, appelant l’Europe à « faire de meilleurs choix ». Le projet de budget élaboré par la Commission ferait « exploser » la contribution budgétaire des Pays-Bas, « ce qui est inacceptable », a-t-il dénoncé.
Les 27 pays de l’Union européenne (UE) doivent adopter en juin des propositions communes pour le prochain budget européen (2028-2034), avant d’entamer des négociations particulièrement serrées avec le Parlement européen, puisqu’ils espèrent les conclure en décembre. La Commission européenne a proposé un budget total de 2 000 milliards d’euros.
De son côté, le Parlement européen avance ses pions et s’apprête à voter, mardi, en faveur d’une hausse de 10 % des sommes allouées aux différents programmes, notamment l’agriculture. Pour financer cette augmentation, les eurodéputés veulent reconduire les dettes liées à la pandémie, au lieu de les rembourser, et proposent de nouvelles taxes, notamment sur les grandes entreprises du numérique.
« Il faudra faire des compromis »
« Le budget actuel nous a appris que nous ne pouvons pas résoudre toutes les crises et tous les défis qui se présentent. Nous avons besoin d’argent frais », a plaidé à Chypre la présidente du Parlement, Roberta Metsola.
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Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, qui exercera la présidence tournante de l’UE au second semestre 2026, a dit s’attendre à des négociations compliquées. « Il faudra faire des compromis, et il sera difficile de concilier les priorités de chacun avec le budget disponible. D’ailleurs, certains estiment que le budget est déjà trop élevé. D’autres, au contraire, le jugent insuffisant », a-t-il résumé.
Les responsables de l’UE souhaitent un accord sur le futur budget dès la fin de l’année. Car ils redoutent une paralysie au cours de la longue séquence électorale de 2027, marquée par des législatives dans plusieurs pays et l’élection présidentielle en France, où l’extrême droite menace de couper dans la contribution française au budget européen si elle arrive au pouvoir.
Source:
www.lemonde.fr



