Avec son enthousiasme, sa cinquantaine sportive et son phrasé élégant, l’historien de la Grèce antique Vincent Azoulay, enseignant à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, père de deux enfants, Parisien de toujours, rencontré par « Le Monde des livres », auquel il a collaboré, dans un café de Montparnasse, est bien armé pour affronter les dilemmes qui se posent à une discipline jadis « reine » et désormais détrônée.
Car, entre les commémorations désuètes d’une Athènes grandiose qui nous aurait légué en partage la démocratie, et le soupçon ravageur que certains historiens – à la suite du sociologue jamaïcain Orlando Patterson – font peser sur une cité où l’on ne comptait guère que quelques dizaines de milliers de citoyens actifs parmi des centaines de milliers de femmes, d’enfants, de « métèques » (étrangers) et surtout d’esclaves, défendre l’intérêt de cette période au-delà du cercle des spécialistes constitue un défi d’envergure. Comme le montre une nouvelle fois son livre Ostracisme ! Du bon usage de l’arbitraire en démocratie, qui vient de paraître, Vincent Azoulay le relève avec efficacité, témoignant de la richesse d’une génération qui, de façon surprenante, renouvelle un champ si labouré qu’il paraissait voué à la jachère sinon à l’abandon.
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Source:
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