« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. » Cette citation attribuée à Winston Churchill (1874-1965) résume bien l’indispensable devoir de mémoire pour éviter que les générations à venir ne reproduisent les erreurs d’autrefois. C’est ce devoir qui semble avoir donné naissance à Rapsodia, spectacle de la compagnie Arsenika, fondée en 2020 par Clara Lloret Parra.
Comme dans de nombreuses familles espagnoles installées en France, la comédienne et metteuse en scène a découvert tardivement un secret familial bien gardé par sa grand-mère : le destin brisé de deux jeunes femmes, elle-même et sa sœur, victimes de la dictature franquiste à partir de 1936. L’une, son aïeule, a choisi l’exil en France pour fuir la violence ; l’autre, Rosario, sa grand-tante, a préféré rester au pays et s’engager dans la résistance républicaine, au prix de sa vie.
C’est avant tout pour rendre hommage à toutes ces femmes anonymes, exilées ou massacrées pendant la guerre civile en Espagne, que Clara Lloret Parra a imaginé ce spectacle qui tient à la fois du rituel de réparation et de la cérémonie funéraire. Elle a apporté un soin particulier à la création d’une ambiance scénique propice au recueillement, avec un plateau plongé dans la pénombre. Seules quelques touches de lumière servent à éclairer et à mettre en valeur les différents instruments utilisés pendant la représentation, notamment un bendir (tambour sur cadre) suspendu au plafond, un tambourin carré, une guitare électrique à pédales, un lavta (instrument à cordes pincées, semblable au luth, originaire d’Istanbul). Clara Lloret Parra joue elle-même de plusieurs de ces instruments, accompagnée par le musicien Raphaël Dubert (lavta, guitare électrique et percussions).
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Source:
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