Deux romans, un essai d’histoire et un document : voici les brèves critiques de quatre ouvrages notables en cette seizième semaine de l’année.
Roman. « L’Aquarium », d’Anne Cathrine Bomann
Dans ce roman, son troisième à être traduit en France, après Agathe et En dehors de la gamme (La Peuplade, 2019 et 2023), la romancière danoise Anne Cathrine Bomann, née en 1983, met en scène le lien singulier qui se noue entre l’héroïne, une jeune femme, et une pieuvre. Cette dernière est l’une des nombreux pensionnaires d’un vaste aquarium public, l’Océan ; la première, qui y travaille comme stagiaire, est un être solitaire, d’une misanthropie frôlant l’autisme. Elle n’a qu’une seule amie, et leur relation se trouve même un jour menacée. A ce moment critique, elle rencontre la pieuvre – dont la physiologie fait l’objet de brèves dissertations intercalées entre les chapitres – et découvre en elle une âme sœur, ou qu’elle croit telle.
En suivant les péripéties de leur relation, malgré toute l’extravagance apparente de celle-ci, le lecteur a l’impression d’être confronté à un phénomène bien réel, caractéristique d’une époque où la difficulté d’établir le contact avec ses semblables pousse l’être humain à se refermer d’abord sur lui-même, avant de chercher des échappatoires dans d’autres sphères que le monde humain. Ainsi, outre sa valeur littéraire, le livre d’Anne Cathrine Bomann possède celle d’un témoignage sur une époque où la communication globale débouche parfois sur son contraire : une foncière incommunicabilité. E. Ba.
« L’Aquarium » (Akvariet), d’Anne Cathrine Bomann, traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen, La Peuplade, 296 p., 22 €.
Histoire. « Dernières folies », de Marie Derrien et Mathilde Rossigneux-Méheust
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Source:
www.lemonde.fr



