C’est de bonne guerre. Nicolas Sarkozy, qui s’attendait à une journée pénible devant la cour d’appel de Paris après les accusations circonstanciées de Claude Guéant, son ancien plus proche collaborateur, a vigoureusement contre-attaqué, mercredi 29 avril, en ouvrant un nouveau front. Ses avocats ont produit une avalanche de chiffres, qui tendent à prouver que sur les 6 millions d’euros envoyés par les Libyens, la moitié n’était pas destinée à financer sa campagne présidentielle de 2007, mais est bien retournée dans la poche des… Libyens. Il est difficile à ce stade d’apprécier le bien-fondé de calculs présentés bien rapidement, mais l’effet d’audience est garanti et l’attention inévitablement détournée des épineuses questions soulevées par le préfet Guéant.
L’affaire tourne encore et toujours autour d’Abdallah Senoussi, le beau-frère du colonel Kadhafi et patron du service de renseignements militaires libyens. Il était l’organisateur des multiples attentats terroristes, dont l’attentat contre le DC-10 d’UTA en 1989 (170 morts, dont 142 Français, en comptant les binationaux). Il a été condamné en France dix ans plus tard par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité, et Kadhafi insistait depuis des années pour que soit levé le mandat d’arrêt international qui empêchait son beau-frère de sortir de Libye. Pour l’accusation, il aurait, en contrepartie, volontiers financé le candidat français.
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