« Le Rouge et le Blanc. Une errance de ville en ville » (Rot und Weiss. Wanderer zwischen Städten), de Joseph Roth, édité et postfacé par Volker Breidecker, traduit de l’allemand (Autriche) par Philippe Giraudon, Verdier, 256 p., 23,50 €.
Il faut saluer cette publication qui exauce, même à titre posthume, un vœu resté inaccompli. L’écrivain austro-hongrois Joseph Roth, mort en exil à Paris en 1939, n’était pas parvenu à faire paraître Le Rouge et le Blanc de son vivant. Exhumé de cartons épargnés par les destructions nazies, le manuscrit refusé des Villes blanches, rédigé en 1925 à l’issue de ses premiers déplacements dans le Midi, sort aujourd’hui de l’oubli. Conformément au projet de l’auteur, il est publié avec Les Juifs errants, essai de 1927, pas un inédit celui-là, retraçant les déplacements des communautés juives d’Europe orientale à travers l’Europe, avec lequel il forme les deux volets d’un même livre.
Né en 1894, à Brody, petite ville de Galicie aux confins orientaux de l’Empire austro-hongrois, l’auteur de La Marche de Radetzky (Plon, 1934) fut d’abord l’une des plumes les plus aiguisées de la presse de langue allemande. Désireux de « dessiner le visage du temps », Roth, journaliste, développe dans ses chroniques un art subtil de la traversée du réel, qui nourrit son écriture. Rédigé dans le prolongement d’une série de reportages sur la France du Midi, Les Villes blanches en offre une expression particulièrement accomplie : parcours « à travers l’âme de l’homme qui écrit comme à travers le pays qu’il visite ».
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Source:
www.lemonde.fr



