Une crise politique temporaire ou une révolution institutionnelle durable ? Depuis les élections législatives anticipées de 2024, le champ politique français est à ce point bouleversé qu’il doute d’une de ses dernières évidences : le « fait majoritaire », rouage essentiel de la mécanique de la Vᵉ République. A chaque fois que les deux scrutins nationaux – la présidentielle et les législatives – se sont succédé, les présidents de la République ont obtenu une majorité de députés, absolue dans tous les cas, hormis en 1988 et en 2022.
Sauf qu’avec l’émiettement des deux grands blocs et la recomposition permanente à l’œuvre depuis la première élection d’Emmanuel Macron, les états-majors ne sont plus persuadés de cette évidence en 2027 et redoutent un scénario noir : l’élection d’une nouvelle ou d’un nouveau chef de l’Etat qui déciderait d’une nouvelle dissolution et se retrouverait avec une majorité tout aussi ingouvernable que celle de 2024. « Une fois installée, la tripolarisation rend très improbable qu’un président puisse, par un simple effet de calendrier électoral, transformer sa victoire personnelle en domination écrasante à l’Assemblée, tranche le constitutionnaliste Benjamin Morel. Le mécanisme du ricochet continue de fonctionner, mais il ne suffit plus, à lui seul, à garantir une majorité absolue. »
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Source:
www.lemonde.fr



