Finances locales : malgré la crise à Aix-Marseille, les collectivités reprennent du poil de la bête

La situation paraît paradoxale. En 2025, les finances des collectivités locales se sont globalement améliorées. Et pourtant, la métropole la plus étendue de France, celle d’Aix-Marseille, s’apprête à passer sous la tutelle de l’Etat. Mardi 28 avril, ses 92 maires ont refusé de voter leur budget 2026, pour protester contre le fait que l’Etat impose de nouvelles charges tout en diminuant ses dotations, les plaçant face à une équation impossible. Résultat, le budget sera établi par le préfet, avec à la clé « un vaste plan d’économie », les élus l’ont admis. Preuve qu’en dépit de l’amélioration récente, les collectivités restent fragiles.

Contrairement à certaines prévisions catastrophistes, les comptes des communes, intercommunalités, départements et régions se sont dans l’ensemble redressés ces derniers mois. C’est ce que montrent les données diffusées le 24 avril par le ministère de l’économie et des finances, qui donnent une première vision de l’exercice 2025-2026 clos fin mars. Durant cette période, l’épargne brute des collectivités, c’est-à-dire la différence entre leurs recettes et leurs charges de fonctionnement, est remontée de 8 %. Elle a ainsi retrouvé à peu près son niveau de 2023, à 34,9 milliards d’euros. L’épargne nette, après remboursement des dettes, a, elle, progressé de 11 %.

« On est loin de l’euphorie, tempère André Laignel, l’ex-maire d’Issoudun (Indre), toujours numéro deux de l’Association des maires de France. Disons plutôt qu’après des années de détérioration, et un annus horribilis en 2024 pour les départements, il y a eu un coup d’arrêt à la dégradation en 2025. »

A l’exception des structures intercommunales, tous les échelons locaux ont apparemment bénéficié de l’embellie. Le rétablissement de l’épargne nette se révèle très marqué pour les départements (+ 81 %), bien plus mesuré pour les régions (+ 7 %) et les communes (+ 4 %).

Embellie immobilière

A quoi tient cette amélioration ? « Avant tout aux recettes provenant des taxes sur les transactions immobilières », répond Luc-Alain Vervisch, directeur des études de La Banque Postale. En 2023-2024, les départements avaient été pénalisés par le marasme du marché immobilier : une bonne partie de leur budget dépend en effet des taxes sur les achats d’appartements ou de maisons, appelées improprement « frais de notaire ».

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Source:

www.lemonde.fr

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