« A la rame. Un long voyage jusque chez moi » (Ro. Om Sognefjorden og ein lang rotur heim), de Sigri Sandberg, traduit du néonorvégien par Céline Romand-Monnier, Dalva, 320 p., 22 €, numérique 15 €.
Journaliste depuis vingt ans, autrice d’une quinzaine de livres sur la philosophie de la nature sauvage, le climat et les régions polaires, Sigri Sandberg éprouve un jour une forme de découragement face aux désordres du monde. Et face à l’ampleur de la tâche qu’il reste à accomplir pour contrer le réchauffement climatique global et l’effondrement de la biodiversité. « Je songe, note l’écrivaine norvégienne dans A la rame, son nouveau livre, que nous n’avons pas besoin d’autres mots, tout le monde écrit, tout est écrit, les mots ont perdu leur vigueur. (…) Pourquoi écrire si les mots n’atteignent pas leur cible, ne résolvent rien, ne donnent de sens à rien, ne guérissent personne ? »
En cet instant, il ne lui importe plus que de « ramer, lever [s]es avirons, être en mouvement, éteindre le bruit (…). Seulement ramer. Lentement ». Ne plus en avoir rien à faire que ce qu’elle écrit « devienne un texte publiable ou reste à l’état de clapot ». La journaliste a, en effet, décidé de réaliser un voyage à la rame sur le « fjord le plus profond et le deuxième plus long du monde », le Sognefjord. Du petit village situé à son embouchure, Eivindvik, où elle a passé une partie de son enfance, à Luster, tout au fond, où elle vit à temps partiel avec son compagnon, Sigri Sandberg, née en 1975, pense couvrir ces 200 kilomètres en trois semaines. Qu’elle décide rapidement de fractionner en trois tronçons, pour lesquels elle s’entoure de coéquipiers différents.
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Source:
www.lemonde.fr



