Projet de peine de mort pour les Palestiniens accusés de violence, terreur sur les Palestiniens de Cisjordanie, piétinement d’une statue du Christ par un soldat : chacun de ces actes a été commenté comme étant la marque d’une dérive morale de la société israélienne, à l’image de son gouvernement. Pour autant, la condamnation de ces actes ne permet pas de comprendre comment la société israélienne accepte ou non cette violence.
Le 7 octobre 2023 a rendu caduques les clivages entre la droite et la gauche, entre le camp de la paix et les « faucons », les religieux et les « sécularisés ». Il faut désormais dresser le constat de l’existence de deux sous-ensembles de citoyens Israéliens : ceux qui sont favorables à la guerre et ceux qui défendent la survie d’un Etat libéral et non violent.
Pour les premiers, qui vont de la droite identitaire et suprémaciste aux sionistes religieux, la guerre profonde qui caractérise la période post-7-Octobre ne pourra s’interrompre tant qu’Israël ne sera pas purifié de ses ennemis. Aucune violence ne paraît excessive aux yeux de la partie extrémiste de la coalition de droite au pouvoir, qui a non seulement la main sur la sécurité des territoires et d’Israël, avec l’aide de milices constituées de colons radicaux en Cisjordanie, mais qui détient aussi le contrôle de l’armée. Selon eux, la violence doit même être instituée et étendue.
Quant aux sionistes religieux, ils considèrent la guerre comme un miracle ou une apocalypse qui doit permettre l’implantation d’un projet davantage religieux et juif que sioniste. Le sang versé est un sacrifice légitime pour qu’Israël soit totalement juif. Cet éthos politique a envahi l’espace public, qui n’est plus un lieu de débat. Les discours politiques sont imprégnés de valeurs religieuses. L’espace médiatique n’est plus qu’un réceptacle d’émotions négatives et d’expressions traumatiques. Les Palestiniens d’Israël, de Gaza ou de Cisjordanie y sont inexistants, criminalisés, voire déshumanisés, car considérés comme des ennemis structurels.
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Source:
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