Elon Musk, convoqué en audition libre à Paris dans le cadre d’une enquête sur les possibles dérives de son réseau social X, est attendu lundi 20 avril par la justice française, qui entend poursuivre ses investigations que le magnat américain se présente ou pas. Aucune information n’a fuité sur le lieu et l’horaire de cette convocation d’Elon Musk.
Avec l’ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, ils sont visés « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », selon le parquet de Paris.
Celui-ci est en pointe dans la lutte contre l’impunité des géants du web. Il a déjà ouvert des investigations autour des activités de la messagerie Telegram, de la plateforme de livestreaming Kick ou encore de l’application vidéos TikTok et du site de vente en ligne Shein.
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Mais l’enquête sur X est la plus symbolique. Elle vise l’un des plus importants réseaux sociaux du monde, propriété d’Elon Musk, l’homme le plus riche de la planète, un temps proche de Donald Trump.
La procédure n’a pas laissé le multimilliardaire indifférent. Surtout depuis que les magistrats français ont diligenté mi-février une perquisition dans les locaux parisiens de X et l’ont convoqué.
« Ce sont des attardés mentaux », a-t-il lancé, dans la langue de Molière, sur son réseau X mi-mars.
X fustige un « acte judiciaire abusif »
Ouverte en janvier 2025, l’enquête française, dont est saisie l’unité nationale cyber de la gendarmerie, « porte sur les éventuelles violations par la plateforme X de la législation française, à laquelle elle doit bien évidemment se conformer sur le territoire français », a rappelé le parquet de Paris.
En cause notamment une possible complicité de diffusion d’images pédopornographiques et l’utilisation du modèle d’intelligence artificielle de X pour la création de « deepfakes », c’est-à-dire des montages ultraréalistes, à caractère sexuel, sans le consentement des victimes, a-t-il précisé. Dans une publication, le réseau social avait dénoncé lors des perquisitions un « acte judiciaire abusif » reposant « sur des motivations politiques » et réfuté toute infraction. Il assurait qu’il ne se laisserait « pas intimider ».
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« Le parquet de Paris tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis en visant (son) entité française », estimait l’entreprise américaine.
Mise au point du parquet de Paris samedi : « conformément à la procédure pénale française, qui garantit à chaque mis en cause la possibilité de s’exprimer sur les faits dont il est soupçonné, les gérants et personnels de la société X font l’objet de convocations en audition libre », a-t-il rappelé. Mais « leur présence ou leur absence n’est pas un obstacle à la poursuite des investigations », a-t-il poursuivi.
« La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive », avait indiqué auparavant la procureure de Paris, Laure Beccuau, « dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises ».
« Les autorités judiciaires d’autres pays ont également ouvert des enquêtes visant X », a rappelé samedi le parquet de Paris, qui précise avoir transmis certaines pièces de la procédure au ministère américain de la Justice, aux bureaux du procureur général de Californie et de celui du procureur de New York, « ainsi qu’à différents parquets européens ».
Une missive du ministère de la Justice américaine
Vendredi, le Wall Street Journal s’était fait l’écho d’une lettre adressée par le bureau des affaires internationales du ministère américain de la Justice mais le parquet de Paris a indiqué à l’AFP qu’il « n’a pas connaissance de ce courrier ».
Dans cette missive, la justice fédérale prend position pour X, estimant notamment que l’enquête parisienne va à l’encontre du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression, selon le quotidien.
Pas de quoi infléchir l’enquête française : « il est nécessaire de rappeler que la Constitution française garantit la séparation des pouvoirs et l’indépendance de l’autorité judiciaire. Les enquêtes pénales sont diligentées sous la seule autorité des magistrats », rappelle le parquet de Paris.
Avec AFP
Source:
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