Les grands patrons et l’extrême droite ont fini de se renifler à l’abri des regards ; ils dialoguent désormais au vu et au su du Tout-Paris. A un an de l’élection présidentielle de 2027, chacun y voit son intérêt. Pour les premiers, peser sur le programme économique en cours d’élaboration de l’un des favoris du scrutin ; pour les seconds, décoller définitivement l’étiquette de paria de la politique française, et neutraliser les critiques de cette influente corporation.
La parade suit un rituel immuable : la nouvelle de l’entrevue fuite, les milieux entrepreneuriaux se répandent dans la presse pour dénigrer leur interlocuteur – qu’il s’agisse de la cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, ou du président du parti, Jordan Bardella –, le RN se félicite de ses accès et de faire la pédagogie de son programme économique, et les prises de rendez-vous continuent.
Deux tablées, en avril, sont l’occasion pour chacun de se jauger. Lundi 20 avril, la direction du Medef doit déjeuner dans le 17e arrondissement de Paris avec Jordan Bardella, accompagné des deux conseillers désormais rompus à ces rencontres avec le patronat, l’ex-financier François Durvye et le député (RN) de Moselle Alexandre Loubet. Le lobby patronal a lui-même communiqué le rendez-vous à la presse, sans anticiper l’émotion suscitée : la chose n’est plus un événement, considère-t-il, soulignant ses rencontres dans le même cadre avec La France insoumise, et l’invitation de Jordan Bardella à la rentrée du Medef, à l’été 2025.
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Source:
www.lemonde.fr



