« Comment peut-on aimer Céline Dion ? La frénésie autour de ses concerts parisiens surprend »

La folie autour de Céline Dion est retombée maintenant que 480 000 billets ont été vendus pour seize concerts parisiens à l’automne. L’enjeu n’était pas de remplir La Défense Arena mais de savoir qui, parmi 9 millions de demandes, trouverait un ticket. L’épisode fut dantesque, au point que le magazine britannique The Spectator, le 6 avril, a parlé de l’événement le plus commenté en France depuis la retraite de De Gaulle en 1958, mais aussi d’un moment de « joie » pour des Français qui en ont bien besoin. Diable !

Ce qui surprend, c’est la frénésie unanime. Alors qu’une excellente cheffe, dans son restaurant, en plein coup de feu, oubliait ses fourneaux pour camper derrière un ordinateur en quête de deux places pour Dion, nous lui avons demandé si la chanteuse méritait de se mettre dans un état pareil. Ça ne l’a pas fait rire, mais alors pas du tout.

Osons une question : comment peut-on aimer Céline Dion ? Nous n’aimons pas sa musique sirupeuse, ses robes « grandiloquentes » et interminables. Les titres des chansons, par exemple J’irai où tu iras, n’invitent pas à aller plus loin. Les paroles sont pénibles : « J’irai chercher ton cœur si tu l’emportes ailleurs ; j’irai chercher ton âme dans les froids, dans les flammes. Je te jetterai des sorts pour que tu m’aimes encore. » Ça ne s’arrange pas avec Dansons, chanson que lui a concoctée Jean-Jacques Goldman, mise en ligne le 17 avril. Le pitch ? Comme le monde va mal, il faut danser, « front contre front, flocons sur l’horizon ».

Lire la critique | Article réservé à nos abonnés « Dansons », de Céline Dion, un nouveau single déjà daté

Pour avoir écrit cela, les sobriquets de snob, élitiste ou méprisant nous sont promis. Etriller la culture populaire ne se fait pas, surtout Céline Dion, qui a une image « normale », parle sans un mot de travers, revient à la scène alors qu’elle est atteinte d’une maladie incurable, évoquée avec une sincérité désarmante dans le documentaire Je suis : Céline Dion (2024). Normale comme Goldman, 74 ans, quasi retraité depuis vingt ans, dont on dit qu’il vit comme M. Tout-le-Monde, part en vacances au camping, ce qui lui vaut d’être la « personnalité préférée des Français » depuis des lustres.

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Source:

www.lemonde.fr

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