Olivier Blanchard et Quentin Vandeweyer, respectivement ancien chef économiste du Fonds monétaire international et professeur à la London Business School, ont publié une tribune visant la proposition d’Jean-Luc Mélenchon d’annuler la dette publique détenue par la Banque de France. Les auteurs jugent que cette mesure, souvent présentée comme une source immédiate de ressources budgétaires, ne créerait pas de richesse nouvelle et risquerait d’avoir des effets indésirables sur les équilibres macroéconomiques.
Selon eux, l’opération relèverait essentiellement d’un ajustement comptable sans apport net de liquidités pour l’Etat : supprimer un passif de la banque centrale revient à modifier les bilans mais ne transforme pas des obligations en recettes disponibles. Les auteurs soulignent aussi le risque de fragiliser la crédibilité de la politique monétaire en brouillant la frontière entre finances publiques et banque centrale, ce qui, à terme, pourrait peser sur les anticipations et amplifier des tensions inflationnistes.
La tribune intervient au cœur d’un débat plus large sur la soutenabilité de la dette, la souveraineté économique et les outils de financement public. Dans ce contexte, les arguments avancés touchent autant à des mécanismes techniques de banque centrale qu’à des choix politiques qui concernent la France et son modèle de gouvernance. Les économistes insistent sur la nécessité d’évaluer les conséquences réelles d’une telle mesure sur les comptes publics et sur l’économie en général, plutôt que de se concentrer sur des effets d’affichage.
En conclusion, Blanchard et Vandeweyer appellent à la prudence : l’annulation de la dette détenue par la banque centrale ne constitue pas, selon eux, unilatéralement une solution de financement, et pourrait, si mal conduite, peser sur la stabilité monétaire et favoriser des pressions inflationnistes. Leur prise de position alimente le débat public sur les instruments disponibles pour répondre aux défis financiers et budgétaires sans compromettre la crédibilité des autorités monétaires.



