Quel est le lien entre la chute de Lapeyre, la faillite de l’aciériste NovAsco et l’euphorie actuelle autour de l’intelligence artificielle ? A première vue, il n’y en a pas. En réalité, ils racontent la même histoire : celle d’un capitalisme financiarisé arrivé à un point de bascule.
Ces dernières années, des entreprises entières ont été rachetées, découpées, endettées par des fonds d’investissement jusqu’à l’asphyxie. Pixmania, GrosBill, Logiplast, disparus. Camaïeu, André, Minelli, Naf Naf, Pataugas, ébranlés. Erasteel, NovAsco, laissés pour morts. Body Shop, Office Depot, lessivés par un fonds allemand. La Fonderie de Bretagne, Atos, en danger. Les cliniques, maisons de retraite, laboratoires d’analyses médicales, centres de vacances… rachetés par des fonds étrangers qui épuisent les établissements et les patients à force d’en extraire un maximum de profits. Des milliers d’emplois détruits.
A chaque fois, la même promesse : des rendements élevés supérieurs à 10 %, rapides, déconnectés de la réalité productive. A chaque fois, la même mécanique : une bulle qui se forme ailleurs pendant que les dégâts apparaissent ici. C’est ce système que la commission d’enquête parlementaire sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs met aujourd’hui au jour. Aucun travail parlementaire ne s’était jamais penché sur ces fonds. Pourtant, il ne s’agit pas de dérives marginales. Des centaines d’entreprises et tout un pan de l’économie française sont concernés. Et, à la fin, les entreprises sont soit mises en faillite, soit revendues au plus offrant, même s’il s’agit d’entreprises stratégiques pour la nation, comme LMB Aerospace, Les Forges de Tarbes ou Biogaran.
Les fonds prédateurs
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Source:
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