Le pape Léon XIV a dénoncé samedi 18 avril les « catastrophes sociales et environnementales » liées à une « logique d’exploitation » des richesses matérielles, au premier jour de sa visite en Angola, pays d’Afrique australe marqué par des décennies d’exploitation de ses vastes ressources.
Le pape, cible au début de sa tournée lundi de diatribes virulentes du président américain, a par ailleurs regretté que ses récents discours en Afrique soient interprétés comme une réponse à Donald Trump, assurant que « débattre de nouveau » avec lui n’était « pas dans son intérêt ».
Il a pris pour exemple un discours « écrit il y a deux semaines » – « bien avant » les critiques du président américain – et prononcé au Cameroun « il y a deux jours », dans lequel il dénonçait un monde « en train d’être ravagé par une poignée de tyrans ».
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Le pontife américain est arrivé samedi après-midi en Angola, troisième étape de sa tournée marathon de onze jours en Afrique, où il s’est offert dès son arrivée un bain de foule en papamobile en saluant les fidèles massés sur son parcours, dans la chaleur humide de la capitale.
Dans son premier discours, prononcé face aux autorités et à la société civile, il a dénoncé la « logique d’exploitation » des richesses naturelles dont regorgent les pays de la région.
« J’ai évoqué les richesses matérielles sur lesquelles des intérêts puissants mettent la main, y compris dans votre pays. Combien de souffrances, combien de morts, combien de catastrophes sociales et environnementales sont engendrées par cette logique d’exploitation ! », a-t-il lancé.
« N’ayez pas peur de la dissidence »
Il a aussi enjoint les autorités du pays de croire en la diversité de sa richesse, dans un pays dominé par le même parti au pouvoir, le MPLA, depuis l’indépendance en 1975 et dont les moins de 24 ans composent les deux-tiers de la population.
« N’ayez pas peur de la dissidence, n’étouffez pas les visions des jeunes et les rêves des anciens », a-t-il lancé.
Auparavant, le pape américain avait conclu une visite de trois jours au Cameroun par une messe en plein air à l’aéroport de Yaoundé devant 200 000 fidèles.
Après Jean-Paul II (1978-2005) en 1992 et Benoît XVI (2005-2013) en 2009, Léon XIV est le troisième souverain pontife à visiter l’Angola où il devrait à nouveau déplacer des foules immenses jusqu’à son départ mardi matin.
Élu en mai 2025, le chef de l’Église catholique, jusqu’ici plus discret et mesuré que son prédécesseur argentin François (2013-2025), est sorti ces derniers jours de sa retenue pour endosser un style plus affirmé.
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Quelque 44 % de la population, soit environ 15 millions d’Angolais, s’identifient comme catholiques, selon un recensement de 2024 dans le pays, sorti exsangue en 2002 d’une guerre civile meurtrière déclenchée dans la foulée de l’indépendance.
« C’est comme si Dieu était tout près de nous, alors on ne peut que l’accueillir à bras ouverts. L’Afrique remercie, l’Angola remercie, cela a une signification immense que je ne sais pas comment décrire », s’enthousiasme Helena Maria Miguel, gestionnaire de ressources humaines de 40 ans.
Pourfendeur d’injustices sociales
En dépit d’une hyper dépendance de son économie aux variations du cours du pétrole et d’une corruption galopante qui a fini par rattraper la famille de l’ancien président José Eduardo dos Santos (1979-2017), le pays poursuit une politique d’investissement dans les infrastructures.
Il abrite ainsi le projet régional du corridor de Lobito, du nom d’un port angolais sur la façade atlantique, par lequel doivent transiter à terme des minerais extraits de la République démocratique du Congo et de la Zambie voisines, acheminés par voie ferrée.
Au Cameroun, Léon XIV s’est déjà fait le pourfendeur d’injustices sociales, s’en prenant à « ceux qui, au nom du profit, continuent de s’emparer du continent africain pour l’exploiter et le piller ».
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La venue du pape en Angola intervient dans la foulée de pluies torrentielles qui se sont abattues depuis début avril sur la région côtière de Benguela et ont fait près de 50 victimes, et moins d’un an après la répression meurtrière de manifestations contre le coût de la vie, qui s’était soldée par au moins 30 morts et des centaines d’arrestations.
Dimanche matin, Léon XIV doit célébrer une messe géante en plein air en périphérie de la capitale.
Il se rendra ensuite dans le village de Muxima, à environ 130 kilomètres au sud-est de Luanda, où une église du XVIe siècle s’est imposée comme l’un des lieux de pèlerinage les plus importants d’Afrique australe.
Le chef des 1,4 milliard de catholiques s’envolera alors pour la Guinée équatoriale, ultime étape d’un périple de 18 000 km débuté en Algérie lundi.
Avec AFP
Source:
www.france24.com



