De Darmstadt, en Allemagne, à Paris, Belén Garijo n’aura guère eu le temps de souffler. Si ce n’est, peut-être, pour savourer une tasse de thé au gingembre et au citron, son « rituel matinal », racontait-elle au magazine allemand Capital en 2022. Sitôt les clés de son bureau outre-Rhin remises à son successeur, l’ex-patronne du laboratoire germanique Merck s’est envolée pour la capitale française. Elle y est attendue, mercredi 29 avril, à l’assemblée générale annuelle de Sanofi, pour prendre les commandes du premier groupe pharmaceutique tricolore.
L’Espagnole de 65 ans, qui succède au Britannique Paul Hudson, brusquement débarqué de l’entreprise le 11 février, sera la première femme à diriger la Big Pharma française. Un air de déjà-vu pour Belén Garijo, habituée à briser le plafond de verre. Lors de son arrivée à la direction du groupe Merck en 2021, elle avait déjà été pionnière en devenant la première figure féminine à la tête du conglomérat allemand, et, plus largement, d’une entreprise du DAX, l’équivalent outre-Rhin du CAC 40.
Une trajectoire inattendue pour celle qui se destinait initialement à être médecin dans son pays natal, et s’est âprement battue pour le devenir. En 1977, un article du journal hispanique ABC, dont elle conserve une photographie encadrée, la montre manifestant aux côtés d’autres lycéens contre la nouvelle politique de quotas dans les études de médecine imposée par le gouvernement de l’époque. Les protestataires auront gain de cause, et Belén Garijo intégrera l’université d’Alcala de Henares à Madrid, dont elle ressortira diplômée de médecine.
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Source:
www.lemonde.fr



