Une variation anatomique présente chez une fraction limitée de la population féminine est désormais pointée du doigt comme facteur possible d’une augmentation du risque de migraines chroniques. Des recherches récentes mettent en avant une corrélation entre cette particularité structurelle et plusieurs troubles associés, sans toutefois établir de lien causal formel pour l’instant.
Selon les données disponibles, cette particularité toucherait environ 1 à 5 % des femmes. Elle a été liée non seulement à des épisodes migraineux persistants, mais aussi à des douleurs cervicales récurrentes, à des radiculopathies cervicales – c’est‑à‑dire une compression nerveuse au niveau du cou – et à des troubles respiratoires nocturnes de type apnée du sommeil. Ces constats portent sur des associations observées cliniquement et nécessitent une évaluation complémentaire pour préciser leur étendue.
Les mécanismes expliquant ces corrélations restent à préciser. Les auteurs des travaux évoquent l’hypothèse d’une interaction entre modifications anatomiques locales et irritation ou compression des éléments nerveux cervicaux, pouvant favoriser des douleurs référées et des phénomènes sensitifs propices aux crises migraineuses. Par ailleurs, des altérations anatomiques au niveau des voies aériennes supérieures pourraient contribuer à une prédisposition à l’apnée du sommeil, un facteur connu pour aggraver les maux de tête chez certains patients.
Sur le plan clinique, cette identification invite à une approche multidisciplinaire lorsque des femmes présentent des migraines résistantes aux traitements habituels, associées à des symptômes cervicaux ou à des signes d’apnée nocturne. Une exploration anatomique ciblée, couplée à des bilans neurologiques et respiratoires, peut aider à mieux caractériser le tableau et à orienter la prise en charge symptomatique. Il reste essentiel de rappeler que l’existence d’une association ne signifie pas nécessairement une relation de cause à effet et que chaque décision thérapeutique doit reposer sur une évaluation personnalisée.
Enfin, les auteurs insistent sur la nécessité d’études complémentaires, incluant des cohortes plus larges et des évaluations longitudinales, pour confirmer ces observations et définir des recommandations claires en matière de dépistage et de prise en charge. En attendant, la reconnaissance de cette particularité anatomique élargit le regard clinique sur les facteurs potentiels contribuant aux migraines chez les femmes.



