Dans « Technologie du coup d’État », le journaliste Thibault Prévost propose une reconstitution serrée des plans imaginés pour les premiers mois d’un éventuel second mandat de Donald Trump. L’ouvrage explore la volonté d’affaiblir les institutions fédérales afin de faciliter leur appropriation politique, en s’appuyant sur des leviers administratifs et technologiques. L’auteur décrit comment des décisions de gestion et des nominations ciblées auraient pu être instrumentalisées pour réduire les freins bureaucratiques et modifier le fonctionnement de l’État.
Le livre met en lumière le rôle central de moyens techniques et de réseaux d’influence : plateformes numériques, expertises privées et alliances avec des acteurs du secteur technologique sont présentés comme des outils de transformation accélérée des administrations. Parmi les acteurs évoqués figure Elon Musk, dont l’implication symbolise la porosité entre intérêts privés et initiatives politiques visant à remodeler les dispositifs publics. Le propos s’attache à détailler des mécanismes — non pas comme une chronologie d’événements avérés, mais comme une trajectoire possible dessinée par des choix stratégiques.
À travers cet angle, l’ouvrage éclaire des vulnérabilités institutionnelles plus larges. Il interroge la capacité des contre-pouvoirs administratifs et judiciaires à résister à des manœuvres coordonnées et souligne l’importance des règles de gouvernance pour préserver l’autonomie des services publics. La réflexion s’inscrit dans le contexte des débats contemporains aux États-Unis sur la séparation des pouvoirs et sur l’encadrement des relations entre l’État et les grandes entreprises technologiques, sans pour autant prétendre à l’exhaustivité des scénarios possibles.
En réunissant témoignages, éléments institutionnels et analyse technique, l’ouvrage de Thibault Prévost apporte des clés de lecture utiles pour comprendre comment des dispositifs législatifs, administratifs et technologiques peuvent se conjuguer pour transformer l’exercice du pouvoir. Il invite à un examen attentif des garde-fous démocratiques et à un débat public sur les instruments de contrôle à mobiliser face à des tentatives de captation de l’appareil d’État.




