Les brèves critiques du « Monde des livres » : Guillaume Chamanadjian, François Marchand, Marie José Mondzain, Monica Ojeda, Karoline Postel-Vinay…

Neuf romans, deux essais, un beau livre, une anthologie poétique : voici les brèves critiques de treize ouvrages notables en cette dix-septième semaine de l’année.

Poésie. « Poésies amérindiennes d’aujourd’hui »

Du vol des terres et des massacres, comme celui de Wounded Knee (1890), aux pensionnats fédéraux pour enfants indiens (1819-1969), comment les cultures amérindiennes ont-elles subsisté après cet effacement programmé, parachevé par Hollywood, qui a fait longtemps de l’indianité un folklore irréel et stérile ? Avec son anthologie fournie et judicieusement commentée, Olivier Penot-Lacassagne offre un aperçu de la riche culture poétique amérindienne contemporaine. Celle-ci émerge à partir des années 1970-1980 : à la suite du Red Power, mouvement de revendications politiques et culturelles, de nouvelles générations d’artistes puisent leur inspiration dans les traditions et les cultures orales des Premières Nations. La matière de cette poésie tient tant aux rythmes et aux spécificités de leurs langues qu’à la diversité de leurs modes de vie, aujourd’hui majoritairement urbains, mais souvent tournés vers la nature. A la lecture de cette sélection de textes se dessine un autre rapport au monde, enraciné dans une terre conçue comme un tout, qui reconnaît un esprit aux êtres vivants et non vivants. Une conception radicalement différente de celle qui prévaut en Occident et qui se révèle une puissante source d’inspiration, du point de vue tant poétique qu’écologique. L. C. de P.

« Poésies amérindiennes d’aujourd’hui », anthologie conçue et traduite de l’anglais par Olivier Penot-Lacassagne, Seghers, 432 p., 25 €, numérique 18 €.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Un génocide américain », le livre-enquête de l’historien Benjamin Madley qui documente la destruction des Amérindiens en Californie au XIXᵉ siècle

Science-fiction. « Heureux comme jamais », de Guillaume Chamanadjian

Assurer la survie de l’espèce sur une lune de Jupiter, alors que la Terre se consume : c’est le projet « humanitaire » que porte le millier d’ultrariches embarqués à bord du Space Dragon pour un voyage de onze ans. Mais, en vue de la terre promise, où les travaux robotisés de terraformation ont pris un retard peut-être irrattrapable, un message de la Terre informe les cinq dirigeants de cette expédition autoproclamée « de la dernière chance » que tout va beaucoup mieux sur Terre depuis qu’un procédé révolutionnaire d’extraction du CO₂ de l’atmosphère a permis d’inverser le fatal processus du réchauffement climatique. Que faire ? L’ultrarichesse égarée devra-t-elle désormais rendre des comptes ?

Il vous reste 87.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

L’Inde déclare officiellement le virus Nipah et l’Asie réactive les contrôles type Covid: un signal d’alarme mondial

L’alerte est désormais officielle. Les autorités sanitaires de Inde...

George Orwell et ‘1984’ – Quand la censure devient totale

Dans son roman emblématique, George Orwell explore les dangers...

Algérie–Qatar : un rapprochement stratégique dans un contexte régional en mutation

La visite officielle à Doha du général d’armée Saïd...

40 choses à faire ce mois-ci

Nous pouvons recevoir une partie des ventes si...
Annonce publicitaire Dynamiques de paix dans le Caucase du Sud

Articles Similaires

Annonce publicitaire Isaac d'ArganIsaac d'Argan