En deux ans de recherche active d’emploi, Antoine (les personnes citées par leur prénom ont requis l’anonymat), designer d’interface de 27 ans, a fait chou blanc. Sur les quelque 1 500 offres auxquelles il a postulé, pas une seule réponse positive : « 99 % du temps, je suis recalé au motif que je n’ai pas assez d’expérience », se désespère le Parisien, diplômé en septembre 2023 d’un master de direction artistique, spécialisation en UX design.
A ses yeux, la coupable est toute désignée : l’intelligence artificielle (IA) générative. Courant 2024, les algorithmes ont brutalement déferlé dans sa profession, qui consiste à concevoir des interfaces intuitives pour un site Web ou une application, tel un tsunami silencieux. « Aujourd’hui, les logiciels que j’utilise ont intégré l’IA dans leur fonctionnement, tout est fait rapidement, plus ou moins efficacement. Résultat, il n’y a plus de place pour former des débutants », déplore-t-il. Sur ses 1 500 candidatures, moins de 20 concernaient des postes juniors.
Le jeune designer UX/UI éprouve un sentiment « d’injustice », comme si la providence avait décidé de fermer le robinet au pire moment. « Je pense que si j’avais fini mon école un an plus tôt, j’aurais peut-être trouvé un travail, j’ai l’impression d’avoir raté ma vie à un an près… », résume-t-il sans ironie. Diplômée deux ans avant lui, sa compagne, designer free-lance elle aussi, n’a depuis aucune difficulté à enchaîner les contrats.
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Source:
www.lemonde.fr



