L’actualité nous offrant inlassablement coups tordus et coups foireux, comment résister à la tentation d’évoquer le coup de foudre ayant récemment éclairé le ciel médiatique national ? A en croire le très informé magazine Paris Match, la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles et Jordan Bardella, président du Rassemblement national, vivent depuis quelques semaines une « idylle que personne n’attendait ».
En couverture de l’hebdomadaire, ils apparaissent côte à côte lors d’une « escapade corse », les pieds plantés dans le maquis, les mains posées sur les hanches. Mais l’élément le plus marquant de cette image est la parfaite synchronisation vestimentaire des deux protagonistes. Concrètement, la princesse porte un pantalon bleu marine, une chemise bleu ciel et un pull marine noué sur les épaules, tandis que Jordan Bardella arbore un pantalon marine et une chemise bleu ciel sous son pull marine. Tous les deux sont accessoirisés de lunettes de soleil.
Qu’elle soit le fruit d’une savante mise en scène ou le résultat d’un curieux hasard, cette coordination textile nous oblige à casser l’ambiance, en dressant deux constats. Le premier est que Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles et Jordan Bardella, tous les deux habillés à l’identique, et parfaitement amidonnés du col, ressemblent curieusement à un binôme de collègues en uniforme réglementaire. Le choix exclusif du bleu (marine et ciel) leur donne, de fait, l’air de deux gendarmes en faction, plantés au bord de la route, à l’affût d’un dépassement sur la file de droite ou d’un phare arrière défaillant.
Le second constat ne relève pas, lui, de la pure observation, mais de l’expérience. Celle-ci nous permet en effet de rappeler que, dans un couple, le mimétisme vestimentaire illustre bien plus souvent une passion fusionnelle puérile, destinée à se rassurer ou à épater la galerie, qu’un amour solide et pérenne. Ainsi, il nous apparaît possible d’affirmer avec aplomb que les couples s’habillant de la même façon, comme ceux passant leurs journées collés serrés à se dire « je t’aime mon lapinou », fonctionnent rarement mieux que les duos où chacun cultive ses goûts personnels et soigne ses déclarations d’amour à son partenaire.
Retrouvez ici les chroniques de Marc Beaugé.
Source:
www.lemonde.fr



