La confrontation, à distance, entre Kamel Daoud et le régime d’Alger, a franchi un nouveau palier. L’écrivain franco-algérien, installé en France depuis 2023, a été condamné, mardi 21 avril, à trois ans de prison ferme, et 5 millions de dinars (plus de 30 000 euros) d’amende, par un tribunal d’Oran. Le jugement, révélé par l’auteur dans un message, posté le 22 avril, sur le réseau social X, a été confirmé par plusieurs médias algériens.
Joint par Le Monde, le lauréat du prix Goncourt 2024 pour son roman Houris – dont le récit se déroule pendant la « décennie noire », la guerre civile qui opposa, entre 1991 et 2002, les forces gouvernementales algériennes à des mouvements islamistes –, précise que cette condamnation ne concerne que la plainte portée par l’Organisation nationale des victimes du terrorisme. Le romancier est poursuivi, par ailleurs, par une rescapée de cette période sombre, Saâda Arbane, qui l’accuse d’avoir utilisé des pans de son histoire personnelle dans Houris.
Le procès s’est tenu le 7 avril, en l’absence de Kamel Daoud, et le jugement a été mis en délibéré pour éviter – selon l’homme de lettres – qu’il n’entache la visite du pape en Algérie, du 13 au 15 avril. Jugé par défaut, l’accusé n’a pas pu être représenté par un avocat. Il n’a pas obtenu, non plus, le texte de sa condamnation.
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Source:
www.lemonde.fr



