Créer un parc social automobile: telle est la proposition centrale d’une tribune signée par Bernard Jullien, Diane Strauss et Léo Larivière et publiée dans Le Monde. Les auteurs plaident pour transformer l’approche publique face au sujet de l’accès à la voiture électrique en constituant un «HLM de la voiture électrique», autrement dit un parc de véhicules géré comme un service public destiné aux ménages à faibles revenus.
Le projet entend inscrire l’accès au véhicule électrique dans une logique de service public plutôt que d’aide ponctuelle ou de simples incitations fiscales. Il s’appuie sur l’idée de mobilité partagée ou louée à tarif social, en complément des politiques de stationnement et des réseaux de transport en commun. Les signataires, dont des représentants de Transport & Environment, estiment que cette solution permettrait de réduire l’exposition des ménages modestes à la volatilité des prix du carburant tout en accélérant la transition énergétique.
La proposition intervient dans un contexte politique où certains candidats à la présidentielle de 2027 affichent leur soutien au leasing social pour faciliter l’accès des plus modestes à des véhicules propres. Les auteurs de la tribune soulignent que la transformation demandée requiert une coordination entre l’État, les collectivités territoriales et les opérateurs de mobilité pour assurer le financement, la gestion et l’entretien d’un tel parc. Ils présentent cette réforme comme un changement de paradigme: sortir de mesures isolées pour bâtir une infrastructure pérenne et accessible.
La mise en place d’un «HLM de la voiture électrique» poserait des choix institutionnels et techniques: cadre juridique, modes de gouvernance, déploiement des infrastructures de recharge et articulation avec les services sociaux. La tribune conclut en appelant à considérer la mobilité comme un service public essentiel et à définir des dispositifs concrets pour que la transition vers des véhicules électriques ne laisse pas de côté les ménages les plus vulnérables.



