Inspirée par le Siècle d’or néerlandais, la photographe Justine Tjallinks met en scène des portraits sophistiqués d’une séduisante étrangeté.
Avant les séances de pose, Justine Tjallinks imagine la scène, réfléchit à la posture, aux couleurs, à la lumière. Depuis une dizaine d’années, la photographe décline une collection de portraits inspirés de l’esthétique des maîtres néerlandais, qu’elle a pu contempler dès sa plus tendre enfance au Rijksmuseum. Ce qui l’intéresse, c’est est la singularité d’un visage, la beauté de ses imperfections, de ses anomalies. Un travail à découvrir au musée de la Photographie Charles Nègre, à Nice, jusqu’au 24 mai.
Beauté complexe
À ses débuts, elle a consacré plusieurs séries à des personnes atteintes d’alopécie, de vitiligo, de trisomie, d’albinisme. « Aujourd’hui, je cherche moins à mettre en lumière ces différences qu’à traduire la vérité d’un être, son monde intérieur », explique Justine Tjallinks. Ses modèles, elle les repère dans la rue, dans les gares, le long des canaux d’Amsterdam et de La Haye, villes entre lesquelles elle partage son temps.
Justine Tjallinks, Autoportrait © Justine Tjallinks – Galerie Sophie Scheidecker
À son travail de photographe se mêle celui d’une metteure en scène. Comme au cinéma, elle maquille ses « acteurs », les coiffe, les habille, les pare d’accessoires – bijoux, chapeaux, étoffes – pour créer un univers très pictural teinté de fantastique. Une fois produites, les images sont retouchées au pinceau numérique pour obtenir un rendu parfait. Ces dernières années, on a pu voir ses œuvres à Paris Photo, à Photo London, à la BRAFA.

Justine Tjallinks, Sophie, série Modern Times, 2026. ©J. Tjallinks, Galerie Sophie Scheidecker.
Pour sa première exposition personnelle dans un musée, Justine Tjallinks dévoile à Nice une soixantaine de portraits issus de ses différentes séries, et plusieurs inédits. À l’avenir, l’artiste envisage d’ouvrir sa pratique à d’autres médiums, en associant notamment la photographie à la sculpture. « J’ai envie de réaliser des portraits en céramique. J’ai déjà quelques croquis. L’étape suivante sera de réunir les équipes, le budget, et de partir à la recherche de nouveaux modèles », confie-t-elle.

Justine Tjallinks, Vision, série Jeweled, 2016. ©J. Tjallinks, Galerie Sophie Scheidecker.
Justine Tjallinks en bref
1984 Naissance de Justine Tjallinksà Warnsveld, aux Pays-Bas.
2008 Bachelor en Concepts & Brands à l’Amsterdam Fashion Institute (AMFI).
2009 Directrice artistique et graphiste pour des magazines de mode dont L’Officiel, L’Officiel Hommes et Zoo Magazine.
2014 Se consacre entièrement à sa pratique artistique. Lauréate du New Dutch Photography Talent à Amsterdam.
2015 Grand Prix Life Framer Awards à Londres pour sa série Nude.
2016 Série Jeweled dédiée à l’albinisme.
2019 Remporte les Fine Art Photography Awards.
2023 Exposition « Wonder » à la galerie Sophie Scheidecker, à Paris.
2025-2026 Séries Glory et Modern Times (en cours de développement).

JustineTjallinks, Vision Future, série La Trahison des Images, 2017, ©J. Tjallinks, Galerie Sophie Scheidecker.
« Justine Tjallinks. Vision »musée de la Photographie Charles Nègre, 1, place Pierre-Gautier, 06300 NiceDu 14 février au 24 mai
Source:
www.connaissancedesarts.com



