Après l’attaque au gala de la presse à Washington, le protocole de sécurité en question

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Des failles dans le bouclier sécuritaire de l’hôtel Hilton à Washington ? 36 heures après l’attaque au dîner des correspondants, durant lequel un homme armé a tenté de pénétrer dans la salle où se trouvaient Donald Trump et les journalistes avant d’être arrêté, le dispositif de sécurité prévu pour l’événement fait l’objet de nombreuses interrogations. Ni le président, ni aucun autre invité de ce gala n’ont été blessés.

« Cet incident ne se serait jamais produit si la salle de bal avait été classée “top secret” sur le plan militaire », a critiqué le président américain, qui en a profité pour relancer son idée de construction d’une salle de bal à la Maison Blanche. L’hôtel Hilton avait déjà été le théâtre d’une tentative d’assassinat contre Ronald Reagan en 1981.

Le président américain n’est pas le seul à questionner le manque de sécurité, alors que le tireur, identifié comme étant Cole Tomas Allen, a pu s’approcher de Donald Trump avec des armes, sans l’atteindre. Il est précisément parvenu à aller à l’étage situé juste au-dessus de la salle de bal. Dans un manifeste écrit avant de passer à l’acte, l’assaillant s’étonnait d’ailleurs : « Je m’attendais à des caméras partout, des agents tous les dix mètres (…) mais il n’y avait rien de tout ça. »

La question de l’introduction des armes dans l’hôtel

Des invités ont également exprimé leur étonnement face à la facilité d’accès à l’hôtel Hilton. « Lorsque je suis arrivée de nombreuses rues étaient bloquées, le dispositif policier était imposant, néanmoins pour entrer dans l’hôtel j’ai seulement dû montrer très rapidement mon invitation papier », relate sur X Aurelia End, correspondante à la Maison Blanche pour l’AFP, qui juge qu’une belle tenue suffisait pour entrer. Selon Reuters, environ 2 600 personnes ont néanmoins dû franchir des portiques de sécurité et des détecteurs de métaux, qui se trouvaient devant l’entrée de la salle de bal située en sous-sol. La journaliste de l’AFP insiste également : le « Secret Service, service de protection des personnalités, connaît très bien le Hilton (…). Son intervention samedi soir a été très rapide. »

Ce témoignage et bien d’autres sur les réseaux sociaux ont contribué à pousser les autorités à enquêter sur le dispositif de sécurité. D’autant que ces tirs surviennent après deux tentatives d’assassinat contre Trump durant la campagne présidentielle de 2024. Le procureur général américain par intérim, Todd Blanche, a assuré, sur CBS dimanche, que des analyses sur « les protocoles de sécurité » étaient en cours pour comprendre comment le tireur avait pu introduire « des armes à feu dans cet hôtel ». Il a ajouté qu’il était convaincu que les forces de l’ordre seraient en mesure d’assurer la sécurité de la visite du roi Charles III aux États-Unis cette semaine.

Jeffery Carroll, chef par intérim de la police de Washington, a, de son côté, déclaré que l’assaillant avait en sa possession « un fusil de chasse, un pistolet et plusieurs couteaux », rapporte Politico. « Il semble qu’il ait acheté ces armes à feu au cours des deux dernières années. Nous ne savons pas comment ces armes à feu se sont retrouvées en sa possession à Washington », a précisé Todd Blanche, soulignant que l’arrestation du suspect était quand même une « une immense réussite » des forces de l’ordre.

Par ailleurs, Cole Tomas Allen était arrivé à l’hôtel la veille de la tentative de fusillade, ont indiqué les forces de l’ordre au Wall Street Journal, ce qui lui a permis de bien identifier les lieux avant de passer à l’action. « Il n’a pas déjoué le dispositif de sécurité le soir du dîner. Il l’a déjoué le jour où il a fait la réservation », a dénoncé Jason Pack, un ancien responsable du FBI, auprès de ce média.

Le Secret Service se défend

« La solidité de notre dispositif de sécurité à plusieurs niveaux s’est clairement manifestée, et une multitude de mesures de riposte restaient disponibles », s’est, pour sa part, autofélicité le Secret Service, dans une publication sur X. Sur CBS News, les responsables chargés de la sécurité de l’événement se sont encore défendus, en affirmant qu’il leur était « impossible d’empêcher quiconque d’entrer dans l’hôtel », car, selon eux, « nous sommes en Amérique et on ne peut pas empêcher quelqu’un d’entrer dans un hôtel armé. »

Un constat qui n’est pas partagé par Christian Prouteau, fondateur du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), interrogé ce lundi sur BFMTV. Déplorant « le manque de réactivité » des agents du Secret Service, il déplore : « Ils ont contrôlé tous les gens qui étaient les moins dangereux et il n’y avait personne au moment où l’agresseur se met à courir. » Cole Tomas Allen, ingénieur de 31 ans, a en effet été filmé par les caméras de surveillance en train d’échapper au contrôle des agents du service de protection du président américain. Et Christian Prouteau de tancer : « Non seulement il y a eu des failles, ça se voit comme un nez au milieu de la figure », mais il y a eu aussi des manquements dans la « coordination dans les services ».

Sur ce point, le journal Reuters affirme que les agents du Secret Service ont rapidement évacué Donald Trump et le vice-président JD Vance, tandis que les équipes de sécurité des autres responsables ont réagi de manière plus désorganisée. Certains agents ont en effet été filmés grimpant sur des chaises ou en renversant des tables pour atteindre les personnes sous leur protection.

En dépit des très nombreuses critiques, le président estime que les agents du Secret Service ont « fait un excellent travail » en neutralisant le tireur et en le mettant à l’abri, ainsi que son entourage. D’autant qu’il « ne leur a pas facilité la tâche » en refusant dans un premier temps d’évacuer. Ce qui n’empêche pas Donald Trump de penser que la sécurité serait « meilleure » si les évènements mondains se déroulaient dans une salle de bal à la Maison Blanche.


Source:

www.huffingtonpost.fr

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