Emmanuel Macron a plaidé, samedi 25 avril, pour un étalement du remboursement de la dette contractée au niveau européen face au Covid, et s’est montré confiant quant à l’aboutissement de nouveaux emprunts communs pour les investissements d’avenir.
« On s’est endettés au moment du Covid. Aujourd’hui, on nous dit “il faut vite le rembourser”. C’est idiot. Etalons cette dette. Refaisons des rémissions parce que les gens veulent ce papier pour pas cher », a affirmé le président français lors d’une conférence de presse, au second jour de sa visite à Athènes. En outre, « sur des dépenses (…) qui sont d’intérêt commun, qui sont nouvelles (…) on a peut-être un intérêt à émettre ensemble de la dette », a-t-il fait valoir, citant « la défense, le spatial, l’intelligence artificielle ».
L’émission d’eurobonds est un cheval de bataille français depuis des années mais un épouvantail pour d’autres Etats de l’Union européenne. Le tabou a toutefois été brisé une première fois lors de la pandémie de Covid-19.
« Aujourd’hui, beaucoup vont vous dire “jamais de la vie” », a reconnu Emmanuel Macron, alors que l’Allemagne, notamment, a affirmé en février que la dette commune européenne était réservée aux « situations exceptionnelles ». « Mais en vérité », a-t-il poursuivi, « soit ils décident de ne pas investir, erreur stratégique énorme, soit ils décident d’augmenter leur contribution nationale, et ils n’en ont pas envie, soit on trouve des ressources nouvelles ». Le chef de l’Etat français s’est montré confiant : « A la fin on va y arriver. »
« L’Europe doit être dans le jeu, a-t-il insisté. On n’a pas envie de laisser à nos enfants une Europe qui serait complètement distancée sur le plan technologique, qui serait hors du jeu technologique ou de la défense. »
« C’est du béton »
Lors de cette conférence de presse, le président de la République a également assuré que l’article 42.7 des traités de l’Union européenne, prévoyant une assistance mutuelle entre pays membres en cas d’attaque, « est du béton, c’est-à-dire que c’est une obligation » et qu’elle ne souffre d’aucune « ambiguïté ». Du « béton armé », a complété à ses côtés le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis.
Sous l’impulsion de Chypre, qui préside l’UE ce semestre, les Vingt-Sept réfléchissent à un renforcement de cette clause, qui prévoit que si un Etat membre est « l’objet d’une agression armée sur son territoire », les autres Etats membres « lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ».
« Je ne crois pas qu’il y a un besoin aujourd’hui de changer les traités ou de les modifier. Ils sont très clairs », a estimé Emmanuel Macron. « Il y a simplement un besoin, d’abord, de continuer de renforcer la défense et la sécurité de tous nos pays », puis d’avancer vers « l’Europe plus souveraine que nous appelons de nos vœux ».
Selon Emmanuel Macron, l’article 42.7 est « dans sa substance plus fort que l’article 5 » du traité de l’OTAN, c’est-à-dire la clause d’assistance mutuelle au cœur de l’alliance militaire américano-européenne, régulièrement remise en doute par Donald Trump. « Il prévoit une solidarité entre les Etats membres mais il ne laisse pas l’option », a-t-il insisté au sujet du traité européen. Lui emboîtant le pas, Kyriakos Mitsotakis a fait valoir que « personne ne parlait de cet article [42.7] auparavant alors qu’il existe dans les traités et qu’il est juridiquement plus fort, au moins dans sa formulation, que l’article 5 de l’OTAN ».
Le président français a estimé que la France et la Grèce avaient montré par les actes que « l’article 42.7, ce n’était pas des mots », en envoyant début mars des navires militaires près de Chypre lorsque l’île de l’UE a été touchée par une frappe au début de la guerre au Moyen-Orient.
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Il a souligné que le partenariat de défense franco-grec, renouvelé samedi, prévoyait lui-même une telle clause encore renforcée. « Elle est intangible », « il n’y a pas de point d’interrogation à avoir, il n’y a pas de doute à nourrir. Et, pour tous nos ennemis, potentiels ou réels, il faut qu’ils sachent très clairement » que la France viendra en aide à la Grèce en cas de besoin, a-t-il énoncé.
Source:
www.lemonde.fr



