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Guerre au Moyen-Orient : « C’est la plus grosse crise de l’histoire », affirme Fatih Birol, directeur de l’AIE sur France Inter

Dans un entretien avec la radio France Inter, mardi, Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a mis en garde contre des « conséquences terribles pour tout le paysage mondial de l’économie » après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient, marquées par le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie.

« C’est effectivement la plus grosse crise de l’histoire », a-t-il expliqué, évoquant une situation combinant « cette crise pétrolière » et « la crise du gaz avec la Russie ». « C’est déjà une crise énorme, mais ce n’est pas simplement le pétrole et le gaz, c’est également les engrais, les pétrochimiques, le soufre, tous ces produits qui vont manquer, pousser l’inflation dans le monde entier, et notamment dans les pays émergents et en développement, cela va freiner la croissance », a-t-il ajouté.

Le marché de l’énergie, « c’est des dizaines de trillions de dollars qui sont à la merci d’une poignée de personnes, d’une centaine de personnes qui ont des canons, qui surveillent un détroit d’une cinquantaine de kilomètres de large, enfin c’est absurde », a-t-il poursuivi.

Selon lui, même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz, un retour à la normale des prix de l’énergie pourrait prendre « deux ans ». Il ajoute que « les choses ne se rétabliront pas rapidement » et « ce sera très progressif », car « le marché de l’énergie sera très volatil ».

Fatih Birol a dit s’inquiéter « beaucoup plus pour l’Afrique que pour l’Europe », estimant que « les pays émergents, comme le Bangladesh, le Pakistan (…) vont rencontrer de réelles difficultés ». « Ça va commencer par un ralentissement de la croissance économique dans ces pays, une perte d’emploi, un chômage qui va se généraliser », avant de se transformer en « spirale de la dette », a-t-il expliqué.

En France, « la population (…) pourra souffrir parce qu’il y aura des prix à la pompe plus élevés », mais « ce qui va s’aggraver, c’est l’inflation en général et il y aura des effets négatifs sur le pouvoir d’achat », a-t-il insisté.

Malgré tout, cette crise pourrait représenter « l’opportunité de retracer la carte énergétique mondiale », avec des « gagnants », tels que « les renouvelables », « le nucléaire » ou encore « les voitures électriques ». « En plus de cela, je crois qu’il y aura des pays asiatiques qui pourront se servir plus du charbon, leur propre charbon qui coûtera moins cher », a-t-il ajouté.


Source:

www.lemonde.fr

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