Nouvelle exposition explore la trajectoire complexe de Marie-Madeleine, personnage dont l’image a traversé les siècles sous des formes parfois contradictoires. L’événement réunit des œuvres et des documents visant à montrer comment une même figure religieuse a été tour à tour célébrée comme proche disciple, assimilée à une pécheresse repentante, puis réinterprétée dans des clés identitaires et artistiques contemporaines. Le parcours muséal met en lumière la circulation de récits, d’images et de pratiques de dévotion qui ont contribué à modeler sa réputation publique.
Les premiers textes évangéliques et certains écrits apocryphes présentent Marie-Madeleine comme une disciple notoire et comme témoin central des événements de la Résurrection, position qui lui a valu, dans certaines traditions, le surnom d’« apôtre des apôtres ». Toutefois, au fil du temps, des lectures différentes se sont imposées. Au VIe siècle, Grégoire Ier a joué un rôle décisif dans la fusion de récits distincts, contribuant à la représentation de Marie-Madeleine en tant que femme repentie. Ces choix interprétatifs ont durablement influencé la liturgie, l’art sacré et la piété populaire au sein de la Église.
Aux représentations médiévales et baroques de la pénitente succèdent, à partir des XIXe et XXe siècles, des remises en question par des historiens, des théologiens et des artistes. Ces débats ont alimenté une réévaluation académique et culturelle qui interroge autant les sources textuelles que les usages iconographiques. Dans la littérature, la peinture, le cinéma et la recherche universitaire, Marie-Madeleine est devenue un objet de relecture : parfois figure de transgression, parfois symbole de réappropriation féministe, ses différentes incarnations révèlent des enjeux de genre, d’autorité religieuse et de mémoire collective.
L’exposition ne se limite pas à une démonstration historique ; elle propose aussi une réflexion sur la manière dont les sociétés sélectionnent, transforment et instrumentaliseront des figures du passé. En confrontant documents anciens et créations contemporaines, le projet invite le visiteur à mesurer les conséquences de ces recompositions pour la culture religieuse et l’imaginaire public. Le parcours souligne enfin l’importance des institutions culturelles dans la mise en débat des héritages et des identités.



