Joseph-Antoine Morin affirme dans une tribune publiée par Le Monde que la suppression annoncée de la durée légale du travail ne répond pas à une impossibilité matérielle d’augmenter le temps de travail : « nul salarié n’est empêché de travailler au-delà de trente-cinq heures par semaine », rappelle le juriste. Selon lui, certaines propositions portées dans le cadre de l’élection présidentielle ne visent pas tant à libérer le temps de travail qu’à agir sur le prix de l’heure travaillée.
Le texte de Joseph-Antoine Morin met en lumière un décalage entre l’argumentaire politique et la réalité juridique. L’idée de « supprimer » la durée légale est présentée par certains candidats comme un moyen d’augmenter la flexibilité individuelle, mais le juriste y voit surtout une stratégie qui pourrait peser sur la rémunération horaire. Cette lecture recentre le débat sur la valeur du travail plutôt que sur l’aptitude des salariés à effectuer des heures supplémentaires.
Dans son intervention, Joseph-Antoine Morin attire l’attention sur le fait que la réglementation actuelle n’interdit pas de travailler plus que les 35 heures ; c’est donc, selon lui, le rapport de forces et les règles de tarification du travail qui détermineraient l’effet concret d’une modification législative. Il invite à distinguer l’argument de la liberté individuelle et les conséquences économiques réelles d’une telle réforme.
Ce point de vue contribue à enrichir le débat public sur le travail et la rémunération alors que la question des durées et des conditions de travail demeure au cœur des propositions politiques. En recentrant la discussion sur le coût horaire et les mécanismes de protection, la tribune appelle à une analyse plus fine des objectifs poursuivis par les réformes proposées.



