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La fraude à l’édition scientifique se banalise avec l’achat de contribution pour embellir son CV

Tout s’achète sur Internet. Même des articles scientifiques clés en main, des brevets, des diplômes universitaires… Des entreprises vivent de ce commerce en proposant à n’importe qui, moyennant finance, d’ajouter sa signature sur des articles à paraître ou en cours d’évaluation. Ces « usines à papier » (paper mills, en anglais) sont soupçonnées de contribuer à la progression d’articles frauduleux observée ces dernières années. Le plus souvent, elles bénéficient d’éditeurs de journaux peu scrupuleux ou parviennent à corrompre le processus d’évaluation par les pairs.

Deux prépublications mises en ligne les 21 et 24 avril, éclairent ce marché noir de l’édition scientifique. Le second devait être présenté le 4 mai à la conférence internationale sur l’intégrité scientifique (3-6 mai), à Vancouver (Canada), par une spécialiste reconnue de cette part sombre des laboratoires, Anna Abalkina, de l’Université libre de Berlin.

La première étude, qu’elle a également cosignée, a recensé 18 700 annonces commerciales, émises entre mars 2020 et début avril 2026, promettant pour l’essentiel l’ajout de signature dans des articles ou des livres scientifiques. Elles proviennent principalement de sept entreprises de différents pays (Russie, Inde, Irak ou Ukraine)… Pour être premier auteur dans la liste, une position considérée comme la plus prestigieuse, il en coûte entre 57 et 5 600 dollars (entre 49 et 4 770 euros, la médiane étant à 788 dollars). Une base de données recensant ces publicités a été mise en ligne.

La seconde étude portant sur 4 000 offres montre, pour la première fois sur une telle échelle, l’efficacité du procédé. Selon les chercheurs, 1 720 articles ont été publiés par le biais de ces annonces, impliquant 6 500 signataires de 55 pays et 3 500 établissements. « Ce qui m’étonne est que l’on puisse faire ce genre d’annonces illégales de façon publique. C’est un business normal ! », s’étonne Yagmur Ozturk, en thèse à l’université Grenoble-Alpes, coautrice de ce preprint, bien nommé « Ouvrir la boîte de Pandore ». Pour rappel, cet achat de signature, destiné à embellir un CV et à progresser dans la carrière, est sanctionnable, puisque les auteurs d’un article sont censés y avoir contribué…

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Source:

www.lemonde.fr

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