Dans la basilique libérienne, où le chapelet a été récité et la messe célébrée pour le premier anniversaire de la mort du pape argentin, le Pape Léon a envoyé un message dans lequel il rappelle que «la mort n’est pas un mur, mais une porte qui s’ouvre sur la miséricorde que le Pape François a inlassablement proclamée».
Benedetta Capelli – Cité du Vatican
Cette rose blanche, placée près du nom «Franciscus», est le symbole de ce qui ne se flétrit pas, de ce qui ne meurt pas. Elle est là et rappelle que la vie éternelle est une lumière faible mais vivante, la pureté mais surtout l’amour pour un Père qui a tant donné au monde, comme l’a rappelé ce mardi le Pape Léon XIV lors de son voyage en Guinée équatoriale. Au-dessus du tombeau de François, dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, se trouve une reproduction de la croix pectorale qui l’a accompagné pendant une grande partie de sa vie. Le devant est orné de fleurs blanches et jaunes. La tombe est gardée par la Garde suisse et des gendarmes. Depuis un an, elle est un lieu de pèlerinage, et pendant le Jubilé de la jeunesse, près de 100 000 personnes s’y sont arrêtées en seulement quatre jours.
Ce ne sont certainement pas les chiffres qui définissent l’héritage de François; c’est bien plus que cela, et avec le temps, sa vision prophétique d’un monde en perpétuelle évolution, d’une Église qui continue de vivre «l’Évangile de la miséricorde», devient plus claire, écrit Léon XIV dans un message lu ce mardi soir lors de la messe célébrée dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, dans lequel il réaffirme que «sa mémoire demeure vivante dans l’Église et dans le monde».
Une pierre tombale pour sceller un lien d’amour
Des prières et des vœux sont offerts à François, qui a choisi ce lieu pour sa sépulture, «en terre, simplement, sans formalité particulière». On se souvient de lui par la récitation du Chapelet, présidée par l’archiprêtre de la basilique, le cardinal Rolandas Makrickas, en présence du vicaire du Pape pour le diocèse de Rome, le cardinal Baldo Reina. Dans la chapelle Pauline, où l’on prie, se trouve l’icône de la Vierge Marie, Salus Populi Romani, à qui François a confié ses voyages apostoliques et au pied de laquelle il a rendu hommage 126 fois. Il a déposé les peines et les soucis du monde entre les mains de la Vierge et s’est tourné vers elle, la désirant à ses côtés lors de cet inoubliable moment de prière sur la place Saint-Pierre, le 27 mars 2020, alors que la pandémie faisait rage, isolant les gens chez eux et les transformant profondément.
À la fin du Chapelet, le cardinal archiprêtre a dévoilé une plaque commémorative, apposée sur le côté droit de la chapelle, commémorant le lien particulier entre le Pape François et la Salus Populi Romani. L’inscription latine dit: «François, Souverain Pontife, qui s’est recueilli 126 fois en prière fervente au pied de la Salus Populi Romani, repose, de son plein gré, dans cette basilique papale. Le 21 avril 2026, premier anniversaire de sa mort.»
Un souvenir vivant
Le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège des cardinaux, a célébré la messe à la mémoire du Pape François dans une basilique baignée d’une douce lumière. «Un an après son passage de la terre à la maison du Père», a souligné le cardinal Re en préambule de la célébration, «le souvenir vivant du Pape François demeure dans les cœurs et les pensées de chacun. Depuis l’Afrique, le Pape se joint à nous et est spirituellement présent parmi nous.» Parmi les fidèles se trouvaient des visages familiers à Jorge Mario Bergoglio, comme le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, jésuite comme lui. À ses côtés se tenait le cardinal Giovanni Lajolo, qui avait participé au conclave l’ayant élu successeur de Pierre en 2013.
La porte de la miséricorde
Après la proclamation de l’Évangile, le cardinal Re a lu le message du Pape Léon XIV, qui, depuis l’Afrique, souhaitait être présent pour se souvenir de son prédécesseur décédé un an auparavant «au cœur de la lumière pascale», concluant son voyage terrestre «dans cette joie de l’Évangile qui a inspiré», écrit-il, «l’une de ses exhortations apostoliques les plus incisives», Evangelii Gaudium.
Disciple-missionnaire
«Il était le successeur de Pierre et le pasteur de l’Église universelle», souligne le Pape, «à une époque qui a marqué et continue de marquer un changement d’ère, un changement dont il était pleinement conscient, nous offrant à tous un témoignage courageux qui représente un héritage important pour l’Église.»
Capable de toucher le cœur
Disciple jusqu’au bout, car il était «fidèle à son baptême et à sa consécration au ministère épiscopal»; missionnaire qui proclamait l’Évangile de la miséricorde «à tous, tous, tous».
L’Évangile et le nouveau langage
Le Pape Léon XIV souligne en outre que François a perpétué l’héritage du concile Vatican II, incitant l’Église à poursuivre sa mission, l’invitant à être «la gardienne de l’espérance du monde, passionnée par la proclamation de cet Évangile capable de donner plénitude et bonheur à toute vie».
L’amour pour Marie
Enfin, le Pape états-unien rappelle la profonde dévotion du Pape François envers Marie, pèlerin à Rome rendant hommage à la Salus Populi Romani et pèlerin du monde visitant de nombreux sanctuaires mariaux. «Que la Vierge Marie, Mère de l’Église, nous aide à être en toutes circonstances des apôtres infatigables de son divin Fils et des prophètes de son amour miséricordieux.»
Les gardiens de l’héritage de François
Après la lecture du message papal, le cardinal Re s’est attardé sur les paroles de Léon XIV, qui résonnent comme «une vibrante invitation à préserver l’héritage spirituel du défunt pape François». «Un héritage», a poursuivi le doyen, «résumé, comme nous l’avons entendu, en quelques mots clés souvent prononcés par le Pape François: la joie de l’Évangile, la miséricorde (Dieu ne se lasse jamais de pardonner), la paix, la fraternité universelle (nous sommes tous frères), le parfum des brebis, l’Église comme un hôpital de campagne, la construction de ponts et non de murs.» Ce sont là des enseignements qu’il faut préserver et faire fructifier. «Que la Mère de Dieu et notre Mère, si aimée et vénérée par le pape défunt, qui souhaitait être inhumé dans ce sanctuaire marial, nous vienne en aide.»
Espérance
Le Pape François est également présent dans les intentions de prière, notamment la proclamation de l’Évangile qui a marqué sa vie, en souvenir de son amour pour les plus petits et les plus démunis. La célébration s’achève avec l’hommage rendu par les cardinaux à la tombe du Pape argentin. L’archiprêtre de la basilique libérienne bénit et encense la pierre tombale, rappelant que «l’espérance ne déçoit pas», «Spes non confundit», titre de la bulle d’indiction du Jubilé. L’espérance, cœur de l’Année sainte que le Pape François a ouvert le 24 décembre 2024, est aujourd’hui plus que jamais cette «ancre» qui, même lorsqu’elle s’enfonce dans le sable, nous maintient attachés à la vie et, surtout, au Christ. Et c’est peut-être là l’héritage durable du pape que «les frères cardinaux» sont allés chercher «au bout du monde».
Source:
www.vaticannews.va





