Un facteur méconnu contribue aujourd’hui à une part significative des diagnostics de cancer dans le monde : les infections chroniques par certains agents pathogènes. Des virus, des bactéries et parfois des parasites peuvent favoriser le développement de tumeurs au fil des années, un lien établi par la recherche épidémiologique et rappelé par les organismes internationaux.
Parmi les agents impliqués figurent des entités bien identifiées, comme les papillomavirus humains (HPV), les virus de l’hépatite B et C, Helicobacter pylori et le virus d’Epstein-Barr. Ces infections opèrent souvent en silence pendant des décennies avant de contribuer à des lésions précancéreuses ou cancéreuses. Le caractère insidieux de ces agents explique en partie pourquoi ils restent moins présents dans le débat public que les facteurs de risque plus médiatisés, comme le tabac ou l’alcool.
Des mesures de santé publique éprouvées existent pour diminuer ce risque. La vaccination contre le HPV et contre l’hépatite B, le traitement des infections bactériennes identifiées et des programmes de dépistage ciblés sont au cœur des stratégies de prévention. Pour un panorama des recommandations internationales et des données sur le lien entre infections et cancer, voir la documentation de Organisation mondiale de la Santé.
La reconnaissance de ce facteur de risque a des conséquences pratiques pour les systèmes de santé : concentrer des efforts sur la vaccination, améliorer l’accès au dépistage et au traitement des infections permettrait de réduire une part évitable de cancers. Des actions coordonnées entre autorités sanitaires, professionnels et campagnes d’information sont nécessaires pour rendre ces interventions plus visibles auprès du public et accroître leur adoption.



